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Mercredi 14 octobre 2009

Victor jeune roumain vivant au début des années 1970 est condamné à rester chez lui le reste de ses jours, loin du reste du village de Slobozia. Pour avoir tué une jeune fille qui s’était refusée à lui, « Bœuf muet » comme les mauvaises gens l’appellent, est caché par sa mère qui refuse de le voir partir en prison. Enfant à part, protégé par la Fosse aux Lions, un lac au milieu de la forêt qui a vu nombre de drames, il doit vivre reclus.

Dans la Roumanie de Ceausescu la religion est tolérée tant qu’elle est outil de l’Etat. Le curé du village mis au courant du drame et empêché par le secret de la confession, propose à Victor, pour se laver de ses pêchers de travailler dans la clandestinité. Victor est chargé de recopier des textes interdits par le régime pour peut être enfin trouver la sérénité qui lui manque et le Salut qu’il attend.

Liliana Lazar nous emmène dans son pays d’origine, là où elle a grandit. Née en 1972 en Moldavie roumaine, de père garde forestier dans la forêt qui borde Slobozia, elle vit aujourd’hui en France. Entre croyances villageoises et religion, ce roman nous fait revivre en filigrane les années noires de la Roumanie. Malgré une écriture simple et parfois simpliste mais efficace, l’auteur parvient à maintenir la trame sans nous perdre dans des longueurs inutiles. Un bon premier roman dans lequel il est bon de plonger.

Par Laurent
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Vendredi 2 octobre 2009

Clay travaille sur les chantiers comme géomètre. Parmi ses collègues et amis, il y a Lester, poète au charisme développé, qui l’éclipse totalement mais dont il est totalement fanatique. Clay reste donc dans l’ombre de cet homme qu’il admire et de sa petite amie qu’il voudrait bien sienne, mais qu’elle ne voit pas. Pourtant Lester possède une faille. Eternel séducteur, il collectionne les femmes et mène plusieurs vies à la fois. Clay voit là le moyen de mettre fin à cette relation qui le dévore à petit feu…

Ce roman se divise en quatre chapitres qui rythment l’histoire d’une relation à trois : « la naissance de Clay » qui laissent transparaître ce qu’il deviendra, « Clay » devenu adulte et envouté par Lester, « Sarah » la petite amie de Lester qui prend conscience de l’amour qu’elle portait au poète et « Lester » qui laisse quelques pensées suite à un entretien avec un journaliste. Les deux derniers chapitres ont peut être quelques longueurs, mais se marient bien avec l’ensemble.

Un roman court au style épuré qui met en avant la psychologie des personnages et dont on ne ressort pas totalement indemne. De très beaux passages nous conduisent dans les pensées de ces trois personnages et au coeur de cette relation malsaine. Un roman inattendu sans être inoubliable qui vous envahit au fil des pages et au final vous offre un vrai bon moment de lecture.

Par Laurent
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Lundi 7 septembre 2009

A 28 ans, Pierre a plaqué Paris, du jour au lendemain. Il laisse derrière lui des études de philosophie, un job étudiant dans le mannequinat, des relations et une vie sociale... parisienne. Son présent, il le vit ans une commune perdue de la Sarthe entre La Flèche et Le Mans, avec deux chiens dont un molosse qu'il a récupéré par hasard, Paulette, sa voisine veuve qui lui rappelle comment le temps s'épuise à la campagne, sa boutique de vieilleries et les brocantes auxquelles il participe. Deux passions le tiennent éveiller : chiner et Rosa Bonheur, cette peintre oubliée de tous et qui a tant vécu malgré les interdits.


Dans sa nouvelle vie, il se fait quelques amis, des relations, mais cherche à enfouir son passé et à ignorer son avenir. Pierre est venu là pour fuir et vivre ses blessures seules. Il semble se complaire dans cette solitude qui cache ses blessures : la mort d'un frère, et la disparition d'un amour. Dans son retrait du monde, Pierre comprend pourtant qu'il faut du temps pour se reconstruire, ou plutôt, dans son cas, pour se construire, et qu'il ne pourra y arriver seul.


Anne Percin, pour son premier roman offre une écriture et un style qui nous porte et explore le moindre recoin de la personnalité tourmentée de Pierre. Elle fait ressortir habilement les fantômes de son personnage. Elle laisse un voile pudique sur la relation d'amour entre Pierre et R. (Raphaël), mais n'hésite pas à provoquer pour nous réveiller. Une histoire agréable qui se dessine progressivement à chaque page et parle de l'homosexualité, comme d'un amour ordinaire pour ceux qui en douterait encore, et rythmée par la vie de Rosa Bonheur.


Seules quelques longueurs et le style narratif choisi (genre de journal intime) sont venues ternir légèrement ma lecture, tandis que les citations répétitives ont fini par me lasser. Mais l'ensemble est plaisant et offre une belle histoire d'amour tourmentée.

Par Laurent
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Mardi 4 août 2009

"On dirait vraiment le paradis" est l'un des rares romans que nous a offert l'incontournable nouvelliste américain John Cheever. Un court roman malgré tout, où l'on suit Sears, homme âgé qui lance ces derniers combats, contre les pollueurs de l'étang de la petite ville de Janice où il patine pour le plaisir d'abord, mais également contre le temps et les derniers amours. L'énergie qui l'habite encore le pousse à l'engagement, voire au corps à corps, et lui font rencontrer des personnages aussi ambigus que radicaux, mais surtout attirants...

 

Le dernier roman de John Cheever, paru aux Etats-Unis en 1982 et resté inédit en France jusqu'alors est incontestablement marqué par la patte du maître de la nouvelle : bourgeoisie épinglée, humour malin et féroce, personnages attachants, le tout conduit par une écriture et un style efficaces.
 

Seulement... l'histoire ne m'a pas conquis, malgré quelques passages talentueux. Je ne conseille donc ce roman que pour les amoureux de l'auteur curieux de découvrir Cheever sur un terrain rare et quant à moi je resterai sur les recueils de ses nouvelles, de vraies perles de lectures, par ici notamment !

Prochain billet : fin août... Et d'ici là, bonnes lectures à tous :)

Par Laurent
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Jeudi 11 juin 2009

Hiver 1812. En pleine campagne de Russie, alors que l’armée Russe pratique le principe de la terre brûlée et que Napoléon s’empresse de revenir sur ses pas, Jean-Baptiste Grassien, médecin de l’armée française a choisi de rester dans Moscou dévastée, afin de soigner Philippe de Marcy, son meilleur ami, capitaine de l’armée impériale, quelques autres soldats français et une jeune aristocrate Russe qui a perdu la vue et ses parents dans un incendie.

Mais l’avancée russe les oblige à fuir de Moscou. Ils partent alors sans plus attendre rejoindre leurs troupes, sous la neige et dans le froid, lorsqu’ils rencontrent, dans un carrosse,  deux Français en mission secrète… Ils étaient dix, mais entre trahison et rudesse climatique, leur nombre va quelque peu diminuer…

Une BD aux dessins classiques,  à l’histoire prenante et qui ne se noie pas dans les références historiques. On se laisse happer dans cette aventure à rebondissement, même si l’on se perd parfois dans les personnages (nombreux, traits ressemblants). Sans être un coup de cœur (pas de fiche à faire ;) j’attends la suite. Une série qui comportera au moins 3 tomes, et un peu plus, si le public accroche.

Par Laurent
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Lundi 1 juin 2009

A 36 ans, Fabien est perdu. Licencié, il quitte sa copine et décide de retourner un temps chez ses parents… Histoire de remettre les pieds sur terre, de se retrouver face à lui-même, de se reconstruire à partir des racines de l’enfance. Il retourne donc sur ses lieux de mémoires, où il s’est bâti comme homme. Seulement en repassant dans cette forêt, terrain de toutes les batailles imaginaires de ses 10 ans, un nouveau combat va s’ouvrir entre réalité, actes manqués et souvenirs… 

 Damien Marie pour le scénario et Damien Vanders pour les dessins noir et blancs, décident d’aborder ces moments de la vie où tout s’écroule et avec lesquels il faut composer pour se (re)construire. Ils nous portent dans un monde proche de la quatrième dimension, où le lecteur perd pied et se laisse déborder par l’imaginaire et le fantastique. Pas très loin du conte initiatique, « Parce que le paradis n’existe pas » s’attarde sur les drames causés par l’absence et les regrets.

Le roman de l’histoire est publié en fin d’ouvrage et illustré par les photos très joliments composées de Vanders… En noir et blanc bien entendu…

Par Laurent
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Jeudi 28 mai 2009

Le petit Jack débute mal dans la vie… Né en Nouvelle France au milieu du  XVIIIème siècle, il ne connait ni son père, ni sa mère morte quelques jours après sa naissance. Seul souvenir, pour l’orphelin un pendentif légué par sa mère qui semble détenir le secret de sa naissance. Placé en orphelinat,  déplacé d’Acadie par les Anglais, il se retrouve dans la marine marchande britannique où il rencontre son jeune ami et Lucky Roberts, un marin aguerri qui va bouleverser son destin et le conduire dans ses aventures.

Tiburce Oger a particulièrement travaillé le scénario, et réussissant à créer une véritable histoire romanesque dans la Grande Histoire. Les détails sont particulièrement soignés et les dessins de Patrick Prugne accompagnent merveilleusement l’œuvre. Le carnet de croquis du dessinateur apportent beaucoup dans le travail et la composition de l’œuvre. Seules réserves à cet album qui plaira aux amoureux des grandes aventures historiques, les couleurs semblent manquées de contraste et sont au final assez fades et passées tandis que l’a fin m’a laissé… sur ma faim (clin d ‘œil à Cathe ;). Mais l’ensemble est convainquant et un second tome ne serait sans doute pas de trop !

Un peu plus par ici :
Editions Daniel Maghen  

Par Laurent
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Jeudi 21 mai 2009

Loïc Dauvillier pour le scénario et Jérôme d’Aviau pour les dessins noir et blanc, s’attaquent avec « Inès » à la violence conjugale. La BD s’ouvre en compagnie des voisins qui entendent la petite fille d'à côté pleurer, plus que de raison et un peu trop souvent… Mais rien d’anormal, le père précise qu'elle fait la comédie pour dormir.

Sauf que la réalité n’est pas si simple. L’homme qui s’excuse pour le bruit fait par sa fille s’en prend tous les soirs à sa femme… Insultes, brimades, humiliations publiques et coups… Il suffirait pourtant qu’elle parte, qu’elle se révolte… au moins pour la petite et avant qu’il ne soit trop tard.

Une œuvre saisissante sur un thème des plus durs. Dauvillier et d’Aviau, à travers les voisins nous font les témoins d’un drame familial prêt à éclater… Sans rien caricaturer ils dressent le portrait de nombres de femmes. Mais j’aurai aimé cette BD un peu plus étoffée pour rentrer d’avantage dans l’histoire. Une très belle œuvre !

Par Laurent
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Lundi 18 mai 2009

En Alaska, en 1989, deux chasseurs aperçoivent un chien à la tête d’une meute de loups. En voulant les effrayer pour récupérer les bois du cerf dévoré, les deux hommes sont attaqués et l'un d'eux est décapité. Ce chien hors du commun tue tous ceux qui cherchent à se mettre sur son chemin et se laisse guider par son instinct. Il fuit ceux qui l’ont créé et veulent le détruire… Un chien, véritable arme de combat d’une République d’Europe de l’Est qui a échappé à ses créateurs et est parvenu à traverser le détroit de Béring seul. Les forces spéciales sont déployées pour arrêter le monstre en toute discrétion, mais le chien a des capacités qu’ils n’osaient imaginer…

 

Un premier volume d'une série annoncée en quatre (mais deux seulement parus en France visiblement) du maître du manga écrit il y a plus de 10 ans et que certains voient comme une oeuvre de jeunesse. Publiée en France en 1996, cette réédition est loin de la période contemplative de l'auteur. Suspense, poursuite, nature, légende Inuit, tout est réuni pour une bonne série haletante. J'attends la suite...

Par Laurent
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Jeudi 14 mai 2009

Pris dans un cadre professionnel, c’est avec quelques réserves – même si l’auteur ne me déplait pas - que j’ai commencé la lecture de « Vous subissez des pressions ? ». David Pujadas présentateur depuis plus de 7 ans de la « grand’messe » du 20 heures sur France 2 se propose de répondre aux questions les plus fréquentes qu’on lui pose au gré de ses rencontres. Il livre une partie des coulisses du journal télévisé, de sa préparation à son débriefing en passant par sa présentation. Bien sûr les petites anecdotes ne manquent pas, il évoque également son parcours professionnel.

Mais le plus intéressant est sans doute sa vision du journalisme, l’évolution du métier, son rôle dans la démocratie ses dérives et les risques qu’il encourt. Mais cette partie est finalement assez peu développée et j’aurai aimé un peu plus de hauteur et d’engagements (professionnel j'entends).

Il n’en demeure pas moins que le livre est facile et agréable et permet de découvrir un homme qui semble simple et sympathique.  Ne cherchez cependant pas trop d’anecdotes croustillantes ou de prises de positions trop marquées… David Pujadas tient encore à sa place…

Par Laurent
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Lundi 4 mai 2009

 « Une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle ». C'est par cette simple phrase qu'un journal signale l'assassinat sauvage de la jeune et jolie Catherine Kitty Genovese. Un meurtre horrible commis par Winston Moseley, tueur en série dans l'Amérique des années 1960. Agressée devant chez elle, alors qu'elle rentrait du bar où elle travaillait, Moseley s'est acharnée sur sa victime, prenant plaisir à la voir agonisé, et tout cela devant près de 38 témoins, directs ou non. 38 personnes qui n'ont pas voulu bouger, appeler la police ou tenter d'effrayer le meurtrier, mais ce sont contentées de refermer leurs rideaux ou de se rendormir malgré les hurlements de la jeune femme.

 

Ce meurtre qui bouleversa l'Amérique (à l'origine de la création du numéro d'urgence 911) et que Didier Decoin ressort du passé, sert de prétexte à dénoncer un événement dramatique entre lâcheté humaine et non-intervention de chacun comprise par la répartition de la charge de responsabilité. Autrement dit, lorsque plusieurs témoins sont confrontés à une situation d'appel à l'aide, chacun se repose sur l'autre...

 

Un roman dur où les atrocités de Moseley ne nous sont pas épargnées, et qui explore la part la plus sombre de l'âme humaine... L'auteur nous met dans la peau des témoins bien évidemment avec l'inévitable interrogation : qu'aurions-nous fait ? Le meurtrier est à sa place, froid, sanguinaire et cynique... Mais l'accusation se déplace vers les témoins et des témoins au lecteur. Un roman à l'écriture efficace, dérangeant (voir Clarabel) loin de tout moralisme, qui met mal à l'aise par tant de voyeurisme. En cela le romancier a réussi son œuvre : nous faire réagir en tant qu'être humain et nous laisser face à nos interrogations. Sans doute pour nous rappeler nos failles...

Par Laurent
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Jeudi 30 avril 2009

Depuis que Jean-Claude a croisé le regard de Nouria dans un restaurant d’autoroute il attend avec impatience de garer son camion sur le parking du self de Montcharmain, près de Poitiers. Mais ce soir là, il aperçoit la serveuse bousculée par son patron… Il intervient mettant à terre « Sa majesté, Salopard Ier », et recueille Nouria dans son camion, sans réfléchir… Mais pendant qu’elle dort, Nouria, il gamberge...

Emmanuel Moynot signe avec « L’heure la plus sombre vient toujours avant l’aube » un bel album à deux voix puisque l’histoire nous est racontée par les deux personnages, alternativement. Sans nous perdre, le récit se déroule progressivement autour de ces deux êtres un peu paumés jusqu’au paroxysme de leur relation. Dans la même veine et le même univers graphique que « Lulu femme nue » d’Etienne Davaudeau, mais de manière moins percutante, cette bande dessinée s’intéresse « aux femmes qu’on veut sauver, et à celles qui se sauvent »…

En parlant de Lulu, pendant les travaux, le blog continue : http://lulufemmenue.blogspot.com ;)

Par Laurent
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Jeudi 23 avril 2009

Shiga est le gardien d’un refuge dans les Alpes japonaises. Bel homme, aux valeurs morales irréprochables, il est un alpiniste hors-pair et est trop attaché à la montagne pour penser la quitter un jour. Voilà treize années qu’il a perdu son ami Sakamoto, mort dans une ascension dans l’Himalaya. Ces derniers mots, couchés dans son carnet, ont été pour lui : « Shiga te confie Yoriko et Megumi », sa femme et sa fille. Après plusieurs années de silence, Yoriko décide de le contacter, car Megumi a disparu depuis deux jours… Shiga tient à honorer la demande de son ami, quitte ses montagnes et pars à Tokyo à la recherche de la Megumi, âgée de 15 ans.

Tanigushi, l’un des maîtres du manga nous fait voyager entre les montagnes de l’archipel et les buildings de l’une des villes les plus peuplées du monde. Les contrastes sont saisissants et les dessins de l’auteur nous montrent le parallélisme entre les deux mondes. Il profite de cette histoire pour dénoncer les dérives et les excès de la jeunesse nippone : prostitution, souteneurs, déviances, abandons, …

Un bon manga (un tome), lu d’une traite qui sous des airs de légèreté se veut beaucoup plus profond. Dans l’univers du maitre, même si à mon goût le scénario s'essouffle un petit peu…

Par Laurent
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Jeudi 16 avril 2009

Benoit ne connait pas son père et travaille avec sa mère couturière. Parallèlement, en ce royaume que l’on peut situer au Moyen-âge, le bourreau fait son horrible travaille, imperturbablement. Benoit est fasciné par cet homme qu’il décide de suivre. C’est à cet instant que sa vie bascule. Sa mère condamnée pour un crime qu’elle n’a pas commis, il quitte le foyer familial et s’engage auprès de mercenaires, parmi lesquels il devra faire ses preuves…

Cette bande dessinée en noir et blanc, un véritable conte, fait à l’ancienne, nous conduit à suivre la vie de cet enfant qui deviendra un adulte en utilisant cette colère qui le ronge.

Un joli travail de Grégory Mardon, dont le résultat m’a cependant paru un peu court. J’aurai aimé me laisser guider un peu plus longtemps dans cette histoire, notamment sur sa dernière partie, pour davantage m’imprégner de l’ambiance. L’irrégularité des dessins m’a également gêné, mais au fond un bon moment de lecture

Par Laurent
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Lundi 13 avril 2009

Jun, jeune adolescent japonais de 15 ans, est dans la rue depuis plusieurs semaines et vit de la vente à la sauvette de quelques babioles. Remplit de colère et de haine, révolté contre ses parents, il rencontre un matin un vieillard qui, en le regardant à peine, lui dit : « Je vois un gros en toi ». Et tous les matins, ce vieillard lui répète la même chose… à lui, dont le corps est trop maigre, le cœur sombre et la tête emplit de noirceurs. Mais cela deviendrait presque un jeu, jusqu’à ce que Jun se laisse convaincre d’assister à une rencontre de sumos.

Continuant son « cycle de l’invisible », après Milarepa, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Oscar et la Dame rose et l’enfant de Noé, Eric-Emmanuel Schmitt nous revient avec un très court roman. Reprenant les thèmes de la spiritualité, de l’initiation, du don de soi, de la maladie, il nous conduit avec son style si caractéristique à suivre l’histoire de ce jeune adolescent perdu, rongé par les émotions, à la recherche de lui-même. Les romans d’Eric-Emmanuel Schmitt peuvent agacer par leur excès de bons sentiments, déplaire par leur style facile et superficiel - et celui-là ne déroge pas à ces règles - mais au final, une nouvelle qui se lit vite et dont on veut connaître la fin… Un agréable Schmitt mais pas à la hauteur d'Oscar et la Dame rose.

Par Laurent
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Jeudi 9 avril 2009

Mattéo vit dans les Pyrénnées, à la veille de 1914. Amoureux de Juliette, il sait qu’une histoire avec elle sera difficile. Le fils du grand propriétaire pour lequel il travaille est un ami… très proche. La Guerre vient bouleverser la vie de chacun. Mattéo, Espagnol n’est pas mobilisable. Pourtant il voit partir ses amis au front, mais également Guillaume son rival, engagé dans l’aviation et qui brille dans les yeux de Juliette. Mattéo ne trouve alors de Salut que dans son engagement dans les tranchées. L’horreur le frappe plus qu’il ne l’imaginait…

Jean-Pierre Gibrat débute avec ce premier tome une série qui en comportera quatre et qui conduira le héros jusque dans les années 1940.

Une très belle série qui se prépare donc. Un fond d’amour, un autre d’aventure et le tout servi par des dessins superbes… J’attends la suite avec impatience…

Par Laurent
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Lundi 6 avril 2009

Et voilà le dernier opus qui me manquait dans la série des impressions de voyage de Guy Delisle. Après Shanghai et les Chroniques Birmanes, le dessinateur nous relate sa courte expérience en Corée du Nord, à Pyongyang. Parti pour deux mois dans le cadre de son studio de création d’animation, il découvre l’un des pays les plus fermés de la planète. Très encadré par son traducteur, il est la plus part du temps enfermé dans son hôtel et parfois autorisé à visiter quelques sites autour de la capitale, mais toujours sous le contrôle des autorités. Rares sont les contacts avec la population locale, et quand ils ont lieu, la propagande ravage tout dialogue. Heureusement, il y a les étrangers de l'hotel !

Avec son humour et ses dessins caractéristiques Guy Delisle partage son expérience et découvre le détournement des aides alimentaires, les constructions grandioses parfois inachevées, le palais des amitiés à la gloire du régime, … Dans la lignée des deux autres titres, Pyongyang est le récit d’un occidental en territoire hostile, entre anecdote et documentaire, le tout servi par des dessins agréables. Un regard qui parfois me gène, mais ne m’empêche pas quelques sourires.

Par Laurent
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Jeudi 2 avril 2009

Tomoyo est une actrice japonaise et vit au Japon. On lui propose alors un rôle dans une série B aux côtés d’un acteur américain, à Hong Kong. Tomoyo tombe alors amoureuse… Mais comme on le sait, en amour tout ne se passe pas toujours comme on le voudrait.

Hendriks nous propose dans cette bande dessinée de suivre une jeune femme, bien dans son temps et son époque. Un univers en noir en blanc qui conduit notre héroïne entre réflexions personnelles et superficielles, entre sensualité et sexualité, entre cinéma et fantasme. Les dessins sont taillés à la serpe et les contrastes très marqués, ce qui pourra en rebuter certains. Mais, malgré une histoire légère, je suis resté jusqu'à la fin, sans m'ennuyer...

"Hong Kong Love Story" est une branche de "Fighterpilot", un récit qui mettait déjà en scène Tomoyo

Par Laurent
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Jeudi 26 mars 2009

Avec cette bande dessinée, Frantz Duchazeau nous fait remonter le temps… Le temps où l’Empire incas a rencontré celui des « Viracochas ». Loin d’être des dieux, ces hommes qui foulent les plages de la côte nord du Pérou en cette année 1532, ne sont rien d’autre que les Espagnols, les Conquistadors. On suit alors Apoo, un Chasqui, messager royal chargé de parcourir le territoire et de répandre la nouvelle. Souvent seul, il aime penser à la seule personne qui lui était proche, sa petite sœur Awacha, arrachée à sa famille pour être enfermée dans la maison des vierges à Cuzco. L’arrivée des Espagnols annonce le début de la fin…

Basé sur une étude documentaire, le récit des vaincus, en noir et blanc, nous replonge dans la déroute des Incas, à travers l’histoire de ce messager qui cherche à libérer sa sœur. Une BD où se mèlent grande Histoire et petite histoire, le tout servi par des dessins noirs et blancs très forts.

Par Laurent
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Lundi 9 mars 2009

Avec ce recueil de quatre nouvelles on se replonge dans l’univers de Sergio Pitol : l’Europe, la culture des arts, le voyage, l’étranger. Des nouvelles qui nous conduisent à Vienne, à Paris, Venise, Boukhara, bercés par la musique de Liszt ou les gondoles du Grand Canal. Ainsi la première nous fait entrer dans la vie d’un couple marié depuis plus de 10 ans et dont le temps a érodé les murailles. Après la lecture d’une nouvelle de son mari parti à Vienne, la femme comprend qu’elle n’est plus « au bord de la rupture, mais en son cœur ». Chaque histoire, parmi les préférées de l’auteur, est emplie de non-dits. A nous d’en trouver les clés, plus ou moins facilement.

 

Sergio Pitol, né en 1933, est un écrivain majeur du Mexique, peu connu en France. Grand voyageur, il part à 20 ans pour Cuba, puis ce sera New-York, Londres, Paris Genève, Rome, Pékin, Varsovie, ... Bien souvent comme diplomate. Il a été attaché culturel à Belgrade, poste dont il démissionnera suite au massacre de Tlatelolco peu de temps avant l’ouverture des Jeux Olympique de Mexico en 1968. Autant d’expériences dont il s’inspire sans conteste pour nous offrir des nouvelles au style juste et efficace.   

Sa carrière a été couronnée par les prix Juan Julfo en 1999 et Cervantès en 2005

Par Laurent
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