Malgré le titre – si je le pouvais je ne me déplacerais que vers l’Ouest –, j’avoue être entré dans ce livre à reculons et encore, en m’accrochant aux parois. D’abord le thème : la relation entre le nouveau baron de la Perrière et son garde chasse. Ensuite l’époque : le XIXème siècle. Enfin, le style : le huis clos – moi j’ai besoin d’espace. Et surtout, j’oubliai l’auteur : un prof de français (certain(e)s me pardonneront, mais quand même...) au Havre (sans commentaire...). Pourtant toutes les critiques plaçaient ce livre à part. Je m’y suis donc lancé avec plus de curiosité que d’envie... Et merci à elle, la curiosité est la plus avisée des compagnes !

 

C’est un bonheur de lecture... D’abord pour son style. J’ai trouvé l’écriture remarquable. Vallejo parvient à rassembler sans distinction, dans un même paragraphe, des descriptions, des dialogues et des pensées sans nous perdre en route. Petit détail me direz vous mais voyez « Disparaître » des frères d’Arvor qui en sont à mettre en italique les pensées de Lawrence d'Arabie - pour le tome 2 on passe au coloriage. Cela faisait longtemps que chez les auteurs actuels je n’avais pas lu avec un tel plaisir – attention je ne fais pas mon Nisard, et je ne prétends pas qu'il est l'unique héritier de Bossuet. Je ne prétends pas non plus que les autres livres étaient mauvais puisqu’au fond le style ne fait pas tout - voir Laurent Gaudé - mais Vallejo m’a semblé au dessus de ce que j’ai lu ces derniers temps. Juste le plaisir des jolies phrases et des jolis mots, tout simplement. N’est pas écrivain qui veut, pour ceux qui l’oublieraient...

Ensuite l’histoire elle-même. La relation entre les deux hommes et les femmes qui les entourent, les rapports de domination, l’entrée dans la folie, l’acceptation de sa condition à une époque charnière de l’histoire sociale, ... autant de thèmes qui m’ont fait courir – vers l’Ouest cette fois – sur ces pages et regretter d’être arrivé. Mon côté « monomaniaque » se révèle à nouveau, et dès lundi, je cours chercher une autre de ses œuvres. Merci à Viviane Hamy de le publier... Merci, merci, merci... et encore !

Et laissez-vous porter par les dérives de ce livre...

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