haut-mal.jpg" L’ascension du haut mal " est une BD dont je sais dès à présent qu’elle laissera des traces en moi pour très longtemps. Pourtant c’est avec réticence que je me suis engagé dans cette lecture. Sélectionnée essentiellement pour le sujet traité, les dessins me rebutaient totalement, non qu’ils soient mauvais, mais parce qu’au contraire ils m’angoissaient... Et une fois la dernière page refermée, on sait que David B. a su créer une œuvre où l’histoire et le dessin se marient à la perfection.
 
« Le Haut-mal » que David B. met au centre de son récit autobiographique est la maladie de Jean Christophe son grand frère : l’épilepsie. Très rapidement les crises vont se multiplier, plusieurs fois par jour, faisant du frère avec lequel il partageait tout, un enfant malade, en retard et à part. Toute la vie de la famille de David B. va se lancer dans un combat acharné pour guérir l’enfant avant qu’il ne sombre définitivement dans la maladie. Nous sommes dans les années 1970 et devant l’échec de la médecine traditionnelle qui ne peut rien, c’est dans le « macrobiotique », puis dans les sciences plus mystiques que leurs parents vont chercher la solution. Mais les rencontres ne seront pas toujours fructueuses, loin de là... En attendant David B., seul, cherche à se protéger du mieux qu’il le peut.
 
Difficile de dire que « j’ai adoré » cette BD tant elle est m’a dérangée. Très dure dans ces dessins noir et blanc, l’angoisse est particulièrement pesante et l’auteur nous traîne avec lui dans son combat personnel. Cette BD m’a mis mal à l’aise très rapidement, confronté notamment à la douleur qui en ressort. Coincé entre une situation tragique et une impression de voyeurisme, j’ai subi cette histoire et les dessins d’un auteur qui se met presque totalement à nu. Mais une fois l’ensemble apprivoisé, on s’aperçoit rapidement que le sujet est traité avec beaucoup de pudeur et que l’expérience humaine qu’ont vécu les membres de cette famille est un témoignage indispensable à tous ceux qui connaissent une situation similaire. Evidemment c’est également un moyen pour l’auteur de se libérer, mais il apporte sa pierre à l’édifice, très loin de tout nombrilisme. Comme pour « pilule bleue », c’est une vision de ceux qui accompagnent, avec leurs angoisses, leurs colères et leur courage. Et comme pour « pilule bleue », c’est un témoignage indispensable, à lire en se laissant imprégner par le récit, car je sais que l’œuvre en rebutera d’abord plus d’un. Mais au final, une œuvre magistrale, et oui "j'ai adoré". Il me reste les 3 derniers tomes (une série qui en compte 6) à découvrir mais il m’était impossible d’attendre de les avoir tous lu pour vous en parler...
Tag(s) : #J'ai adoré...

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