peeters.jpgVoilà quelques temps que l’on me parlait de « Pilules bleues », BD abordant le thème du sida. J’ai finalement craqué et sans grand enthousiasme je me suis lancé dedans. Une heure après, refermant ce véritable chef d’œuvre du récit autobiographique, bien au-delà du simple cadre de la bande dessinée, j’ai su que cette histoire m’habiterait encore pour très longtemps... Frederik Peeters m’a tout simplement offert l’un de mes plus beaux moments de lecture.

  Peeters met en image ici l’histoire du compagnon d’une femme atteinte du sida, sa propre histoire à lui. Sans voyeurisme ni exhibitionnisme, mais avec une pudeur remarquable, il trouve le moyen de partager ce qu’il ressent, l’admiration qu’il a pour sa compagne en lutte et sa peur pour le fils de celle-ci comme elle, séropositif. Inutile de chercher une compassion qui pourrait pousser à la pitié, Peeters couche là juste ses sentiments, son amour, sans tabou mais avec courage et respect. Le courage est sans aucun doute le mot qui m’a le plus accompagné dans ma lecture. Accepter la situation comme on le peut et vivre avec, ne pas nier ses peurs et ses angoisses, mais reconnaître aussi en la maladie un élément essentiel de sa propre histoire. Peeters nous livre une leçon de vie, presque de philosophie, sans jouer les professeurs sans se placer en modèle, et montre comment il est possible de vivre et non de survivre avec la maladie dans un couple.
 
Point de juge, point de héros, juste un homme sincère qui se livre. Loin de tous les clichés et très loin de tout simplisme, Frederik Peeters touche sans misérabilisme. Une histoire profondément humaine comme je les aime.
 
Je vous en supplie, pour ceux qui ne l’auraient pas encore lu, n’attendez plus... 
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