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Lundi 30 novembre 2009 1 30 11 2009 08:22

Landru... Henri Désiré Landru. Un nom qui a résonné dans la France des années 1920. A la sortie de la Guerre, l'affaire éclate. Condamné pour 11 assassinats de femmes dans sa maison de Gambais (toujours visible...), Landru est exécuté en 1922. Une histoire connue et racontée des centaines de fois.

 

Chabouté pourtant ose revisiter cette histoire macabre en ajoutant sa vision. Il redessine les personnages et crée des coulisses à cette affaire. Entre escroqueries, gueules cassées, et affaire d'Etat, on découvre les morceaux du puzzle page après page. Un pari osé et risqué qui rend Landru sensiblement plus sympathique... Une bande dessinée pleine du talent de l'auteur, d'une composition parfaitement noire (comme j'adore), peut être un plaidoyer contre la peine de mort. Mais, mais... J'avoue avoir été un peu gêné à la fin de cette histoire.


Par Laurent - Publié dans : J'ai adoré...
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 11 2009 08:48

« Septembre en t'attendant » est l'histoire vécue par Alissa Torres qui a perdu son mari, Eddy, dans les attentats du 11 septembre 2001. Enceinte de 7 mois, sa vie bascule ce jour-là alors qu'Eddy vient tout juste d'être embauché dans une société dont le siège se situe dans les tours du World Trade Center. Le récit est alors le ressenti de cette jeune femme veuve et qui ne peut se raccrocher qu'à son enfant qui va naître. Elle doit à la fois gérer sa grossesse, la disparition de l'homme qu'elle aimait alors qu'elle s'était disputée avec lui la veille du drame, les réactions parfois surprenante de son entourage, les difficultés administratives qui se dressent, les promesses électorales qui tardent à se concrétiser, … Autant d'embuches qui ont constitué son histoire et témoignent de la douleur des familles des victimes d'attentat.

Une bande dessinée aux dessins de Sungyoon Choi, qui pourront gêner certain, car froids et parfois sans émotion. Mais cet aspect glacial et distancié permettent de donner beaucoup de force à se témoignage qui dépasse le simple point de vue d'Alissa Torres.

Par Laurent - Publié dans : J'ai aimé...
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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 11 2009 22:51

Martial et Odette, comme tous bons retraités qui se respectent, ont décidé de s'installer dans le sud de la France. Un joli pavillon, entouré d'autres pavillons, entourés d'un mur de protection, protégé par des caméras, protégés par un vigile... Si bien protégés que dans toute la résidence, « Les Conviviales », ils sont pour l'instant les seuls. Désespérément seuls...Mais, cela va changer, puisque dans quelques jours, deux autres maisons devraient être occupées. L'une par un couple séduisants et séducteurs et l'autre par une femme seule... Sûrement veuve... Oui sûrement. Le gardien et l'animatrice du club house qui ouvrira pour l'occasion vont venir remuer tout ça !

 

Une fois de plus Pascal Garnier m'a offert un vrai bon moment de lecture. Tout est là dans ce roman : humour noir, oeil aiguisé sur mes contemporains, critique acerbe d'une société, … J'aime décidément l'univers dessiné par l'auteur... Encore, encore !

 

Et si vous ne me faites pas confiance lisez par ici :

 

La fan attitude de Baratin (dans ma médiathèque il y en a plus ;)

L'envoutement des Moissons noires

Cathe la conquise

L'Hyseria Lane de ICB

 

Je continue ???

 

Merci à Elvira pour ce cadeau et la découverte de l'auteur !

Par Laurent - Publié dans : J'ai adoré...
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 10 2009 08:59

C'est une tradition... Comme jadis le rassemblement des druides, les bibliothécaires des Yvelines quittent une fois l'an, leurs forêts profondes pour rejoindre le Temple. Ils attendent le signal de la Druidesse des "routes de l'imaginaire" pour aller à pied, en train, en voiture et même en moto (mais toujours à l'heure... ou presque) à travers le département. Ce signal est lancé une fois le soleil de la rentrée littéraire levé. Cette année ce sont 9 grands Druides qui ont donné leurs sentiments sur leurs lectures... Juste leurs sentiments. Dans un esprit de partage, les voilà. Mais n'oubliez pas, ils n'engagent qu'eux et ont déjà donné lieu à de longs palabres !

Les coups de coeur :

 

Clarke , Brock Guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre (Albin Michel)

Foenkinos, David /  La délicatesse (Gallimard)

Guerra Wendy / Mère Cuba (Stock)

Haenel, Yannick / Jan Karski (Gallimard) 

Lafargue, Jérôme / Dans les ombres sylvestres (Quidam)

Lee, Carol Ann / La rafale des tambours (La Table ronde)

McCann, Colum / Et que le vaste monde poursuive sa course folle (Belfond)

Mauvignier, Laurent / Des hommes (Minuit)

Monnier, Alain / Je vous raconterai (Flammarion)  

Nevaï,  Lucia / Comment les fourmis m'ont sauvé la vie (Ph. Rey)  

Ovaldé, Véronique / Ce que je sais de Vera Candida (L’Olivier)  

Robbins, Tom / Comme une grenouille sur son nénuphar  (Gallmeister)

Roth, Philip / Exit le fantôme (Gallimard) 

Routier, Philippe / Pour une vie plus douce (Stock)

Tavarès, Goncalves / Monsieur Kraus (Viviane Hamy)

Trouillot, Lyonel  / Yanvalou pour Charlie (Actes Sud) 

Vigan, Delphine de / Les heures souterraines (JC Lattès)  

Wackenhein, Vincent  / La revanche des otaries (Le Dilettante)

 

Ils ont aimé :

- Audouard, Antoine / L'Arabe  (L’Olivier).

- Bakker , Gerbrand / Là haut, tout est calme (Gallimard) 

- Beaune, François / Un homme louche (Verticales)

- Beauvais, Marie-Odile / Le Secret Gretl  (Fayard).

- Bertrand, Jacques / Les autres c'est rien que des sales types (Julliard)  

- Bissoondath, Neil / Cartes postales de l'enfer (Phébus)  

- Cendrey, Jean-Yves /  Honecker 21 (Actes Sud)

- Chapuis, Bernard, / Le rêve entouré d'eau (Stock)    

- Diop Boubacar Boris / Les petits de la guenon (Ph. Rey)
- Dujovne-Ortiz, Alicia / L'étoile rouge et le poète (Métailié)

- Gander, Forrest / En ami (S. Wespierser)    

- Giraud, Brigitte / Une année étrangère (Stock) 
- Hesse, Thierry / Démon (L’Olivier)  

- Homes, A.M.- Le sens de la famille (Actes Sud)  

- Job, Armel / Tu ne jugeras point (Laffont) 

- Lafon, Marie-Hélène  / L’annonce (Buchet Chastel

- Lazar, Liliana / Terre des affranchis (Gaia)  

- Le Gall,  Marie / La peine du menuisier (Phébus)      

- Lodato, Victor / Mathilda Savitch  (Liana Levi)

- Mavrikakis, Catherine / Le ciel de Bay City (Sabine Wespieser)
- Miano, Leonora / Les aubes écarlates  (Plon)

- Morin, Pascal / Biographie de Pavel Munch (Le Rouergue)  

- NDiaye, Marie / Trois femmes puissantes (Gallimard)  

- O'Neil, Joseph / Netherland (L’Olivier)

- Parisis,  Jean-Marc / Les aimants (Stock)  

- Peju, Pierre / La diagonale du vide (Gallimard)

- Percin, Anne / Bonheur fantôme (Rouergue)  

- Salvayre, Lydie / BW  (Seuil)

- Quignard, Pascal / La barque silencieuse (Seuil)

- Shriver, Lionel / La double vie d'Irina (Belfond)

- Sizun, Marie / Eclats d'enfance (Arléa) 

- Suel, Lucien / La patience de Mauricette (Table Ronde)

- Tessarech, Bruno / Les sentinelles (Grasset)  

- Wiazemsky, Anne / Mon enfant de Berlin (Gallimard)  
- Wu Ming / Manituana (Métailié) 
- Yalom, Irvin / Le jardin d'Epicure (Galaade Editions)  
 

Ils ont lu… Et finalement c’est déjà pas mal :
   
- Adorjan, Johanna / Un amour exclusif (Presses de la Cité) 
- Arditi, Metin / Loin des bras (Actes Sud)
- Aubry, Gwenaëlle / Personne (Mercure de France)
- Beigbeder, Frederic / Un roman français (Grasset)  
- Bi Feiyu / La plaine (Picquier)
- Boyden, Joseph / Les saisons de la solitude (Albin Michel)
- Chalendon, Sorj / La légende de nos pères (Grasset)
- Curiol , Céline / Exil intermédiaire (Actes Sud)
- Dovert Stéphane / Le cannibale et les termites (Métailié)  
- Fauquemberg, David / Mal tiempo (Fayard)
- Gaudy, Hélène / Si rien ne bouge (Rouergue)
- Gordon-Gentil,  Alain / Devina (Julliard)
- Grondahl, JC / Les mains rouges (Gallimard)
- Guenassia, J. Michel / Le club des incorrigibles optimistes (Albin Michel)
- Horan, Nancy / Loving Frank (Buchet-Chastel) 
- Minh Tran Huy / La double vie d'Anna Song (Actes Sud)  
- Munro, Alice / Du côté de Castle Rock (L’Olivier) 
- Nothomb, Amélie / Le voyage d'Hiver (Albin Michel)  
- Pavloff, Franck / Le grand exil (Albin Michel)

Ils auraient pu éviter :

- Basse , Pierre-Louis / Comme un garçon (Stock) 
- Fargues, Nicolas / Le Roman de l'été (POL)
- Heuré, Gilles / L’homme de cinq heures (Viviane Hamy)
- Serpa, Enrique / Contrebande (Zulma)
- Villeneuve, Camille de / Les insomniaques (Ph. Rey)  

Par Laurent - Publié dans : Une cerise qui classe
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 10 2009 08:42

                          
Il est certains romans dont il n'est pas évident de parler tant ils bousculent... « Et que le vaste monde poursuive sa course folle» est de ceux-là... Il se résume pourtant en quelques mots.

New-York, au milieu des années 1970, un homme se lance dans un exploit aussi inconscient que poétique : traverser les Twin Towers, clandestinement, sur un fil. Pendant ce temps, dans les bas fonds de New-York, un prêtre ouvrier irlandais tente de sauver une troupe de prostituées, une mère qui a perdu son fils au Vietnam essaie d'intégrer un groupe qui la rejette de par son origine sociale, ou encore une prostituée crie son désespoir de voir ces proches brisées… Autant d'histoires qui se croisent et se décroisent, se percutent quelques fois, dans une Amérique obscures et terriblement sombre, rongée par la misère humaine et le désespoir.

 

McCann nous montre la face noire de la ville et survole cette période de bouleversements. Il nous prend la main pour nous conduire vers les âmes les plus délaissées de la société américaine. L'auteur prend le pouls d'une société au bord de l'implosion. Heureusement, le récit de l'aventure de Philippe Petit vient offrir au lecteur la poésie indispensable qui lui permet de traverser sans faillir ce roman écartelé entre déchéance et espoir. L'écriture est splendide, les descriptions vertigineuses... Un roman duquel on ne sort pas indemne...

 

Magnifique !

Par Laurent - Publié dans : J'ai adoré...
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Lundi 19 octobre 2009 1 19 10 2009 08:52

Ludivine est une jeune institutrice aux méthodes d’enseignements peu orthodoxes et rejetées par les institutions françaises ; Vanessa et Fabien un jeune couple conflictuel ; Aymeric un amoureux des femmes... de toutes les femmes ; Monique une veuve cherchant à accomplir la dernière volonté de son mari ; et Peter un mystérieux milliardaire. Autant de personnages différents qui pour différentes raisons vont se retrouver chez des cannibales de Papous. En vacances ou dans le cadre de leur profession, ces occidentaux entreprennent une excursion avec leur jeune guide Leonardus. Cette excursion qui ne va pas se passer comme ces touristes le souhaitaient, puisque des indépendantistes décident de les prendre en otage. L’aventure peut commencer, tandis que les méchants ne se cachent pas forcément où l’on pense.

Stéphane Dovert spécialiste de l’Asie (la quatrième de couverture nous indique qu’il est né en 1966, a été en charge de la coopération française en Birmanie, en Thaïlande et au Viêt Nam, qu’il a fondé l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud Est contemporaine et qu’il a écrit plusieurs ouvrages de sciences humaines et enfin qu’il nous offre là son deuxième roman), calque sur ses connaissances anthropologique une histoire d’otages à la dérive en pleine jungle. Souvent avec humour, l’auteur s’attaque aux certitudes occidentales, aux incompréhensions culturelles et à la manipulation. Un roman agréable qui ne manque pas de rebondissements.

Seulement, pour ma part coincé entre comique de situation et drame terriblement réaliste, j’ai eu du mal à rentrer pleinement dans l’histoire, le roman me laissant le goût des différentes couches le composant : culture papoue, trame, drame, humour, … Comme si l’ensemble manquait de liens.

Par Laurent - Publié dans : J'ai lu...
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 10 2009 13:37

Victor jeune roumain vivant au début des années 1970 est condamné à rester chez lui le reste de ses jours, loin du reste du village de Slobozia. Pour avoir tué une jeune fille qui s’était refusée à lui, « Bœuf muet » comme les mauvaises gens l’appellent, est caché par sa mère qui refuse de le voir partir en prison. Enfant à part, protégé par la Fosse aux Lions, un lac au milieu de la forêt qui a vu nombre de drames, il doit vivre reclus.

Dans la Roumanie de Ceausescu la religion est tolérée tant qu’elle est outil de l’Etat. Le curé du village mis au courant du drame et empêché par le secret de la confession, propose à Victor, pour se laver de ses pêchers de travailler dans la clandestinité. Victor est chargé de recopier des textes interdits par le régime pour peut être enfin trouver la sérénité qui lui manque et le Salut qu’il attend.

Liliana Lazar nous emmène dans son pays d’origine, là où elle a grandit. Née en 1972 en Moldavie roumaine, de père garde forestier dans la forêt qui borde Slobozia, elle vit aujourd’hui en France. Entre croyances villageoises et religion, ce roman nous fait revivre en filigrane les années noires de la Roumanie. Malgré une écriture simple et parfois simpliste mais efficace, l’auteur parvient à maintenir la trame sans nous perdre dans des longueurs inutiles. Un bon premier roman dans lequel il est bon de plonger.

Par Laurent - Publié dans : J'ai aimé...
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 10 2009 08:34

Franck Pavloff, l'auteur engagé de « Matin brun » et de l'excellent « Pont de Ran-Mositar » revient avec un roman sur l'immigration clandestine en Amérique du sud.

Tchaka vient d'être engagé comme jardinier par un grand propriétaire terrien, dans la ville de Banos de Agua Santa, au centre de l'Equateur. Lui, l'étranger que personne ne connaît, en observant la nature, sait reconnaître les prémices du réveil du volcan Tungurahua, sur les pentes duquel il travaille. Mais, personne et en premier lieu le propriétaire ne veut admettre le danger d'un volcan endormi depuis plusieurs décennies.

Lucia, aidé par quelques uns, vit éloignée du regard de la population locale. Elle a choisi d'aider les immigrés clandestins à passer les frontières vers le nord, pour éviter qu'ils ne tombent entre les mains des passeurs, dont le seul but est de leur soutirer le peu d'argent qu'ils possèdent. Deux destins qui vont se croiser, au milieu de la tourmente causée par un volcan qui gronde de plus en plus.

Franck Pavloff s'empare cette fois de thème de l'immigration clandestine, de la détresse et de l'espoir qu'elle transporte. Un roman d'ambiance où le volcan est un personnage à part entière. Mais un roman à l'allure brisée par des longueurs répétitives.

Par Laurent - Publié dans : J'ai lu...
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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 10 2009 14:19

Clay travaille sur les chantiers comme géomètre. Parmi ses collègues et amis, il y a Lester, poète au charisme développé, qui l’éclipse totalement mais dont il est totalement fanatique. Clay reste donc dans l’ombre de cet homme qu’il admire et de sa petite amie qu’il voudrait bien sienne, mais qu’elle ne voit pas. Pourtant Lester possède une faille. Eternel séducteur, il collectionne les femmes et mène plusieurs vies à la fois. Clay voit là le moyen de mettre fin à cette relation qui le dévore à petit feu…

Ce roman se divise en quatre chapitres qui rythment l’histoire d’une relation à trois : « la naissance de Clay » qui laissent transparaître ce qu’il deviendra, « Clay » devenu adulte et envouté par Lester, « Sarah » la petite amie de Lester qui prend conscience de l’amour qu’elle portait au poète et « Lester » qui laisse quelques pensées suite à un entretien avec un journaliste. Les deux derniers chapitres ont peut être quelques longueurs, mais se marient bien avec l’ensemble.

Un roman court au style épuré qui met en avant la psychologie des personnages et dont on ne ressort pas totalement indemne. De très beaux passages nous conduisent dans les pensées de ces trois personnages et au coeur de cette relation malsaine. Un roman inattendu sans être inoubliable qui vous envahit au fil des pages et au final vous offre un vrai bon moment de lecture.

Par Laurent - Publié dans : J'ai aimé...
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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 09 2009 08:13

Il commence ses études en Sorbonne dans les années 80 et par le jeu de l’alphabet rencontre Ava. Jeune, belle, elle tient ses promesses et se lie rapidement à lui, à ses aventures journalistiques et poétiques, à ses rencontres. Ils s’apprivoisent, se découvrent, s’aiment d’amour, ne s’aiment plus, s’aiment d’amitié, ou d’amour, encore, peut-être. Mais un beau jour tout s'étiole, puis tout s’arrête.

 

Jean-Marc Parisis nous parle avec beauté d’une relation pure entre un homme et une femme qui se sont trouvés. Ava était sans conteste la femme de sa vie. Il a tout partagé avec elle, s’est offert, puis a perdu. La vie nous joue parfois des tours... Il est des rencontres qui vous changent et puis une question reste « comment se fait-il qu’il pût y avoir quelque chose puis plus rien ? »...

 

Ce roman pudique et tellement juste est un éloge à l’amour, à l’insouciance des années estudiantines aux « moquettes chauves », aux relations qui s’étalent sur la vie, qui parfois s’émiettent mais qui gardent leur essence en vous.

 

Difficile d’évoquer longuement ce très beau roman si charmant aux réflexions fortes. Il ne vous reste plus qu’à vous plonger dans un roman qui restera quelques temps dans vos pensées.

Par Laurent - Publié dans : J'ai adoré...
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Lundi 21 septembre 2009 1 21 09 2009 08:53

« La plus grande pianiste vivante dont personne n’a jamais entendu parler ». Voilà les termes choisis par un journaliste pour résumer le talent gâché d’Anna Song, morte à l’aube de ses 50 ans, après avoir lutté près de 20 ans contre un cancer qui la rongeait à petit feu. Une pianiste surdouée, qui a servi les plus grands, mais atteinte précocement d’une maladie qui l’a paralysée de la main un temps et forcée de quitter le circuit international en pleine éclosion. Anna Song tombe dans l’oubli. Seul son mari, Paul Desroches est à ses côtés et l’aide à réaliser ce qui parait impossible. Lorsqu'elle découvre son cancer elle veut, avant de partir, honorer les plus grands compositeurs une dernière fois. De cette aventure, 102 CD sont enregistrés et envoyés à la presse, qui découvre alors l’émotion qui se dégage du jeu de la franco-vietnamienne à bout de force. 

Seulement, une brise de technologie vient effondrer le château de cartes édifié par un homme éperdument amoureux...

 

Puisant ses sources d’une histoire vraie, Minh Tran Huy, après « La princesse et le pêcheur », revient avec un roman autour de la musique, du mensonge et du pays de ses origines, le Vietnam. Construit par tranches l’histoire mêle les confessions de Paul Desroches, aux différents articles de journaux révélant l’affaire (Minh Tran Huy s’est inspirée des articles originaux). Conduit entre réalité et mensonges, le lecteur se laisse porter par l’histoire découvrant chaque pièce du puzzle progressivement. La psychologie des personnages y est particulièrement travaillée et les réponses aux questions inévitables sont suggérées.
 

La construction du roman implique nécessairement des répétitions qui viennent freiner une œuvre déjà très lente, et qui m’ont parfois poussé vers l’ennui. Un roman attachant cependant, notamment par l’évocation des origines et l’ambiance qui s’en dégage, mais pour les amoureux des lectures lentes... très lentes.

Par Laurent - Publié dans : J'ai lu...
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 09 2009 09:05

A 14 ans Nina, fille unique et adolescente introvertie, passe ses vacances, comme chaque année dans la maison familiale, au milieu de la pinède. Peut-être pour se donner bonne conscience, mais aussi pour faire éclore leur fille, pour la première fois, ses parents ont décidé de prendre avec eux une autre adolescente, issue d'un milieu modeste et un peu perdue, Sabine, 16 ans.

Nina est heureuse de faire rentrer dans sa bulle Sabine et de lui présenter les lieux de son enfance et le charme de la côte. Seulement Sabine qui garde ses distances, va inverser les forces et attirer l'adolescente sage dans son monde à elle. Un monde plus chaotique, rebelle, aux relations directes avec les garçons, aux limites floues... Nina s'émancipe de ses parents, qui voient leur fille leur échapper chaque matin un peu plus. Rapidement Sabine vient ainsi perturber cette famille unie et sans histoire en entrainant tout le monde dans un tourbillon, qu'il faudra rapidement stopper... et ce par tous les moyens.

Hélène Gaudy, jeune auteur de 30 ans, s'attaque avec « Si rien ne bouge » à l'adolescence, à la relation entre parents et enfants, entre ados eux mêmes, aux rapports de domination et de soumission, ou encore aux petites vies bien installées. Un roman bien écrit, où s'installent progressivement transgression, violence et folie. Le dénouement, pas évident à la première lecture, peu laisser perplexe et déstabiliser le lecteur, tant le réalisme des premières parties est mis à mal...

Pour ma part, un roman intéressant, mais qui manque peut être de profondeur et au final qui ne m'a pas convaincu, par quelques ficelles un peu grosses sur l'adolescence et les relations parents-enfants, mais également par une fin excessive...

Par Laurent - Publié dans : J'ai lu...
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 09 2009 08:32

A 17 ans, Laura décide de quitter le lycée dans sa dernière année, pour partir en Allemagne comme jeune fille au pair. Prête à perdre pied dans sa vie, elle choisit l’exil sans savoir où cela la conduira. La perte d’un proche, un environnement familial confus, un avenir incertain, autant de raisons de voir dans ce départ la nécessité absolue de respirer.

Arrivée dans sa nouvelle famille elle découvre la difficulté de se sentir étrangère, bloquée par la langue et de partager le quotidien avec des inconnus. Les Bergen font cependant tout pour la mettre à l’aise, l’intégrer à leur vie au risque, cette fois encore, de l’étouffer.

Brigitte Giraud offre dans ce roman huis clos, une merveilleuse réflexion terriblement juste sur des thèmes aussi forts que la barrière de la langue, la difficulté de pénétrer une autre culture, de partager l'intime avec des étrangers et les méfaits du passé. L’Allemand que Laura tente d’apprivoiser la tient à distance, l’oblige à des pensées simples et simplistes, la protégeant dans un premier temps avant de l’enfermer sournoisement. La jeune adolescente découvre également une culture différente de la sienne malgré des frontières communes. Un peuple proche dont elle découvre les subtilités. Laura, entre enfance et adulte, pense pouvoir conserver une intimité, mais la promiscuité et les tâches pour lesquelles elle a été embauchée, l’obligent à partager, à se mêler de ce qui ne devrait pas la regarder. Enfin, devenant adulte, elle apprend que l’on n’échappe pas à son passé et que malgré les différences culturelles, les familles se ressemblent toute un peu dans leur complexité et leurs héritages. Rien ne sert de fuir son histoire, il faut apprendre à vivre avec.

Un roman magnifique au rythme lent et sans vague, où l’on partage l’expérience et les pensées d’une adolescente, en mal de construction, sans jamais s’ennuyer. Une année étrangère qui permettra à Laura de grandir. Une oeuvre remarquable.

Par Laurent - Publié dans : J'ai adoré...
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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 09 2009 08:00

Mathilde la quarantaine, veuve et mère de deux enfants, travaille comme cadre dans une grande entreprise. C’est ce « job » qui l’a maintenue à la surface. Sans lui, elle se serait sans doute noyée. Seulement depuis peu, son directeur lui en veut. Le plus perfidement du monde, il l’enfonce progressivement dans les méandres du harcèlement moral. La descente aux enfers s’accélère. Elle en est arrivée à lire son horoscope, à consulter des voyantes, dont une lui a prédit qu’elle ferait une rencontre ce 20 mai… Une journée décisive.

Thibault est médecin aux Urgences de Paris. De consultation en consultation, il pense à la femme qu’il aime et qu’il a quittée le matin même de ce 20 mai. Une histoire à sens unique, dont il ne veut plus être la victime consentante.  Une journée longue, rythmée par le bilan de sa propre vie ; une journée  interminable dont il attend beaucoup.  

« Les heures souterraines », est l’histoire de la détresse de ces deux personnages qui vont se croiser tout au long de cette journée. Delphine de Vigan décrit parfaitement les mécanismes du harcèlement, de la détresse, du processus de victimisation (elle a notamment travaillé avec des psychologues). Un monde sombre et oppressant où l’espoir réside dans une rencontre, une seule, et dans un éventuel amour.

Un roman intéressant et noir qui plaira sans doute… Mais…

Mais le style haché et rythmé par les répétitions m’a lassé. Quant à l’histoire, je n’y ai rien trouvé de véritablement original, et un sentiment d’enlisement m’a rapidement envahi : comment l’auteur allait-elle faire pour éviter la « joyeuse fin » ? Une fin ouverte, il est vrai, mais presque aussi décevante car attendue (en tout cas par moi ;). Alors que la promesse de la rencontre nous tient en haleine, le soufflet retombe sans subtilité et sans surprise. Dommage… Quelques uns conseillent déjà de lire ses premiers écrits (« No et moi » notamment) et d’attendre le suivant !

 

D’autres en ont parlé :

Une déception pour Clarabel

Par Laurent - Publié dans : J'aurais pas dû lire....
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Lundi 7 septembre 2009 1 07 09 2009 09:11

A 28 ans, Pierre a plaqué Paris, du jour au lendemain. Il laisse derrière lui des études de philosophie, un job étudiant dans le mannequinat, des relations et une vie sociale... parisienne. Son présent, il le vit ans une commune perdue de la Sarthe entre La Flèche et Le Mans, avec deux chiens dont un molosse qu'il a récupéré par hasard, Paulette, sa voisine veuve qui lui rappelle comment le temps s'épuise à la campagne, sa boutique de vieilleries et les brocantes auxquelles il participe. Deux passions le tiennent éveiller : chiner et Rosa Bonheur, cette peintre oubliée de tous et qui a tant vécu malgré les interdits.


Dans sa nouvelle vie, il se fait quelques amis, des relations, mais cherche à enfouir son passé et à ignorer son avenir. Pierre est venu là pour fuir et vivre ses blessures seules. Il semble se complaire dans cette solitude qui cache ses blessures : la mort d'un frère, et la disparition d'un amour. Dans son retrait du monde, Pierre comprend pourtant qu'il faut du temps pour se reconstruire, ou plutôt, dans son cas, pour se construire, et qu'il ne pourra y arriver seul.


Anne Percin, pour son premier roman offre une écriture et un style qui nous porte et explore le moindre recoin de la personnalité tourmentée de Pierre. Elle fait ressortir habilement les fantômes de son personnage. Elle laisse un voile pudique sur la relation d'amour entre Pierre et R. (Raphaël), mais n'hésite pas à provoquer pour nous réveiller. Une histoire agréable qui se dessine progressivement à chaque page et parle de l'homosexualité, comme d'un amour ordinaire pour ceux qui en douterait encore, et rythmée par la vie de Rosa Bonheur.


Seules quelques longueurs et le style narratif choisi (genre de journal intime) sont venues ternir légèrement ma lecture, tandis que les citations répétitives ont fini par me lasser. Mais l'ensemble est plaisant et offre une belle histoire d'amour tourmentée.

Par Laurent - Publié dans : J'ai aimé...
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