Gabriel débarque par le train dans une petite ville de Bretagne. Seul, il ne connaît personne et pourtant en quelques jours, grâce à
son écoute et ses talents culinaires il va savoir toucher le cœur des hommes et des femmes qu’il va rencontrer... Il y aura José le patron de la brasserie, Madeleine la jeune réceptionniste de
l’hôtel ou encore un couple de jeunes paumés... Tous trouveront chez cet ange venu d’on ne sait où, une oreille attentive et un réconfort étrange. Pourtant Gabriel est hanté par des flashes qui
nous éclairent progressivement les zones d’ombre de ce personnage atypique...
Voici un livre tout simplement remarquable...Pascal Garnier parvient à mettre en scène des personnages d’une sincérité déconcertante
et terriblement humains, faisant de chaque rencontre un instant unique ancré en nous pour quelques temps encore. Un roman tellement humain que même les pensées et les actes les plus noirs
trouvent à se racheter malgré nous. La sensation de se laisser porter par une écriture pleine de charme et de vie dans une histoire qui en surprendra plus d’un(e) !
Un livre au label « Elvira » - merci à toi - à lire et relire histoire de bousculer notre conscience !
par Laurent
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2
A la suite du « Sultan de Palerme », Ali Tariq choisit de mettre en scène un nouveau personnage clef de l’Islam médiéval. Le roman commence lorsque
Salah al-Din, Saladin pour les Occidentaux, choisit un érudit juif, Ibn Yakoub, pour immortaliser le récit de sa vie et de ses conquêtes. Nous traversons ainsi avec lui les pays d’Islam
passant du Caire à Damas sans oublier Jérusalem, ville symbole qu’il reprend aux Croisés, en 1187. L’homme de lettres, choisi pour établir l’histoire officielle, passe alors de longues
heures à écouter le Sultan et entre dans le cercle intime du pouvoir où se mèlent grande et petite histoire, intrigues du sérail et secrets du Harem, ... Ibn Yakoub en confrontant le récit de
Saladin à celui de ses proches, fidèles compagnons ou concubines rédige ainsi la somme que le conquérant de l’Islam attendait. C’est cette somme qui nous est proposée.
Tariq Ali nous conduit dans un roman historique fleuve et parvient habilement à retracer la vie quotidienne d'un homme dont on sait peu de choses. Il mêle l’Histoire au romanesque et parvient à
combler les vides que les historiens ne peuvent renflouer. Comme Yasmina Khadra, mais dans un autre genre littéraire, Tariq Ali avec ce deuxième titre de son « Quintet de l’Islam » et
après « Le Sultan de Palerme » montre l’Islam sous un autre jour, médiéval celui là, où ses fidèles côtoient Juifs et Chrétiens, s’aiment malgré leur sexe, ou encore pratique « le
vol des anges » ;-) Un roman agréable malgré quelques longueurs mais qui plaira aux aficionados du genre...
De mon côté, j’ai toujours du mal à entrer dans un roman historique, toujours à la recherche du vrai et du faux, alors qu’il suffirait juste de se laisser porter, me direz-vous. Mais Tariq Ali ne
facilite pas la chose, sans doute pour rendre accessible son roman, en usant de tout petits anachronismes : système de mesure anglais, datation occidentale... Autant de petits détails qui ne
gêneront pas la majorité des lecteurs mais m’ont tout suite replongé dans mes névroses ! Tariq Ali livre un roman plaisant, qui aura eu au moins l’avantage de me donner envie de rouvrir mes
livres d’histoire... Retour aux sources... Chasser le naturel...
par Laurent
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2
Marie Cosnay reconstruit dans ce roman l’histoire d’André, arrière-grand-père de la narratrice qui a combattu dans les tranchées de la Première Guerre. Elle
retrace ainsi la vie de différents personnages qui se croisent et ont rencontré la grande Histoire. Mais, la narratrice n’a pas tous les éléments et partant de leur mémoire elle reconstruit
progressivement leur histoire, leurs secrets et leurs silences, nous conduisant des fronts de la Grande Guerre à Addis Abeba.
Voici, un livre particulièrement exigeant : des phrases courtes, un style saccadé, des scènes qui ne se suivent pas et à reconstruire par nous même, de nombreux retours en arrière. Un livre
où le lecteur doit accepter de perdre tous ses repères et se laisse porter par les mots… tout en s’accrochant très fort. Un véritable challenge pour ceux, qui contrairement à moi, apprécient le
genre.
par Laurent
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5
Auteur d’un « miracle un équilibre » et de l’excellent « Cosmofobia » qui m’avait enchanté, Lucia Etxebarria quitte le monde du roman pour nous revenir avec un manuel du bonheur, pour les couples - hommes-femmes, femmes-femmes, hommes-hommes ou mêmes transexuels. En adepte d’Almodovar, elle n’oublie donc
personne.
Après un petit test pour savoir si ce livre vous est destiné, Lucia Etxebarria nous livre quelques souvenirs d’amour personnels. Elle entre ensuite dans le vif du sujet et s’attaque aux idées
reçues qui contribuent à fragiliser bon nombre d’individus et donc de couples. Elle décortique les sentiments et cherche à rassurer, à rétablir les équilibres. Elle nous parle alors de
dépendance émotionnelle, d’estime de soi avant d’aimer l’autre, de l’addiction à l’amour ou encore du pouvoir de la télévision sur nos modèles. Richement documentée et parfois avec humour elle
parle de sa vision de l’amour… Hasard de l’ordre de mes lectures, alors qu’Erik Orsenna nous défendait l’amour unique, Lucia Etxebarria en dénonce le stéréotype et le mensonge absolu qui nous
sont inculqués dès notre plus jeune âge avec la télévision pour relais moderne.
Mais voilà, dès les résultats du test Lucia m'avait prévenu que ce livre me « serait à peu près aussi utile qu’un téléphone portable avec caméra incorporée ». On ne peut pas dire que je
n’avais pas été prévenu… Les "recettes du bonheur" ont tendance à m'ennuyer. Un livre qui intéressera sûrement mais qui m'a laissé sur le chemin. Et j’attends avec impatience le prochain roman de
Lucia pour reprendre la route avec elle…
par Laurent
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J'ai lu...
4
De tous les livres d’Erik Orsenna que j’ai lus, voici sans aucun doute le plus personnel d'entre eux. Celui qui livre une bonne partie
des clefs.
Partant de la relation avec son frère cadet, celui qui a trouvé l'amour unique, Orsenna nous conduit dans sa vie comme dans ses voyages. Naviguant dans des eaux souvent incertaines de l'amour, il
s’arrête sur quelques îlots pour souffler et nous parle de ses rencontres : sa famille, ses amis et surtout, une femme qu’il a tant aimée. Un "Soleil" qu'il va pleurer au bout de quatre ans.
L’Académicien sans âge se livre alors à nous, libére ses fantômes et partage ses peines, cherchant son avenir.
Rapidement, comme à son habitude, Orsenna nous porte et l’on s’attache. On s’attache à un homme blessé qui, pour la plus grande part de sa vie, aura cherché. Une quête qui explique ses voyages,
ses interrogations, son engagement. Si je préfère le Orsenna raconteur d’histoires ou partageant ses voyages avec nous autour d'un bon verre, ce récit n’en est pas moins émouvant et apporte
beaucoup sur un écrivain qui ne cesse de m’étonner par la diversité de son œuvre. Impossible pour lui de faire carrière ou de s'installer dans une catégorie littéraire. Un style à part, (trop?)
léger, qui crée une intimité avec l'auteur. Le sentiment de parler à un ami qui conduit la conversation et de parenthèses en parenthèses arrive à son but.
Seulement, avec ce récit j'ai eu l'impression de marcher à la frontière de l'impudeur, comme avec nombre d'ouvrages de cette veine. Une intimité dévoilée à tous qui me jette dans le
camp des voyeurs et m'installe dans un sentiment de malaise. Heureusement, Orsenna est habile et contrairement à ma première impression, sa force est finalement de rester à la frontière de la
pudeur - ou du moins à nous le faire croire - en apportant sa pierre à l’édifice.
Si ce n’est pas le livre d’Orsenna que je préfère, j’y ai malgré tout été touché par l’humanité et les réflexions d’un homme frappé par la vie et qui se cherche un avenir. Un beau témoignage sur
l'amour sous toutes ses formes.
par Laurent
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5
Etgar Keret à travers une cinquantaine de nouvelles, parfois d’à peine une page, montre tout son talent d’écrivain dans un genre
littéraire qui n'est pas réputé des plus faciles. Des histoires aux styles très différents passant de l’humour, à l’absurde sans oublier un petit détour par les frontières du fantastique...
Et une chouette couverture !
Un chauffeur de bus qui ne s’arrête jamais derrière les personnes qui courent après lui ; un homme qui se séquestre chez lui et
tire sur sa réussite et sa fortune ; un frère déprimé qui a tous les droits ; un autre frère qui vole la copine du caïd du lycée ; un homme qui a uriné sur la porte de son
ami ; un magicien qui trouve malgré lui le succès sanguinolant... Autant de thèmes qui permettent à Etgar Keret de mettre son talent en mouvement pour nous faire rire, ou nous émouvoir en
quelques pages, voire en quelques mots.
Un côté de la littérature israélienne qui m’avait échappé et que je rattrape ici avec joie. Des nouvelles à lire pour les
amateurs de genre tant l'exercice est réussi. Evidemment comme la majorité des recueils de nouvelles, on aurait voulu en voir certaines plus longues et se souvenir de toutes. Mais si elles se
lisent vite, quelques unes seulement s'installent en nous.
Un livre qui a reçu le label « Cathe » ;-)
par Laurent
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2
Après l’histoire de l’amour, j’ai décidé de m’attaquer à l'histoire du langage... Je reprends les bases...
Ils sont donc trois scientifiques et une journaliste à s’être penchés, souvent avec humour, sur la question de ce qui nous constitue en tant qu’Homme.
Pascal Picq est paléo-antrhopologue, Laurent Sagart est linguiste et Ghislaine Dehaene est neuro-pédiatre et à eux trois, aidés par la
journaliste Cécile Lestienne, ils vont décortiquer ce mécanisme qui permet de communiquer, de structurer et d'échanger nos pensées, d'ordonner ou encore de
séduire.
Quand sont apparus les premiers signes du langage ? Pourquoi nos cousins les singes ne parlent-ils pas, eux ? Quels ont été les premiers mots échangés ? Quels mécanismes
d'apprentissage ? Pourquoi nous faut-il autant de temps pour maîtriser notre langage ?
C’est dans ce petit livre que vous trouverez toutes les réponses à ces questions. Même à celles que vous n'aviez pas imaginées. Et c'est là l'intérêt du genre, éveiller la curiosité et nous faire
réfléchir sur des domaines à la frontière de l'histoire, de la science et de la philosophie... Pas moins que cela ! Une collection qui me séduit de plus en plus, même si, pour être honnête, je
dois avouer que certains passages m’ont paru un peu confus... On se perd parfois dans l'évolution de l'espèce ! Mais la présentation sous forme de questions/réposnes rend l’ensemble plutôt vivant
et régulièrement je sais que je rendrai visite à la collection "des plus belles histoires" !
par Laurent
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3
Un homme et son fils sont seuls sur une route et poussent un chariot. Une catastrophe a recouvert la planète de cendres et ils vont vers le Sud. Il n'y a plus d’animaux, plus de
soleil, plus de culture, presque plus d’hommes... Comment se nourrir ? Pourtant une idée fixe dans le regard de l’homme dont on ne connaîtra même pas le nom, survivre et apprendre à son fils à
survivre...
Mc Carthy m’avait laissé sur ma faim avec « Ce pays n’est pas pour le vieil homme ». Une écriture
juste qui me permet d’avoir encore aujourd’hui ses mots et les images qu’ils dessinent dans la tête, presque un an après, jour pour jour. Seulement, l’histoire elle-même ne m’avait pas vraiment
enchanté, par son manque d’originalité. Dans « La Route », il a, pour moi, allié les deux. L’histoire dure et le style épuré se sont parfaitement mariés, pour creuser l’âme humaine
poussée dans ses derniers retranchements. A quoi sert-il de vivre ? Une histoire terrible qui sonne juste entre science fiction et roman d'anticipation... Remarquable ! Un chef d'oeuvre
!
A voir chez l'excellentissime blog Philippe et la non moins remarquable Cathe !
par Laurent
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8
C’est
par de sublimes planches et sans le moindre texte que Shaun Tan rend hommage aux migrants. Il met en image de manière remarquable l’histoire d’un homme à l’assaut d’un nouveau monde entre réel et
imaginaire. Un homme, comme tant d’autres, forcé de quitter sa femme, sa fille et son pays pour survivre. L’album est rythmé par les différents actes de la migration : le départ, le voyage,
la découverte, la fraternisation, la recherche d’un travail, la nostalgie... Ce sont les rencontres qui offriront l’occasion de partager et présenter les parcours de chacun malgré les barrières
multiples qui pourtant chaque jour se réduisent.
Une très belle œuvre dont l’atmosphère nous conduit paisiblement. Seul regret pour ma part, le parallèle trop fort qui est fait avec les immigrants américains du début du XXème qui amenuise
le caractère universel de l’histoire. Mais à une époque et dans un pays où l’immigrant est trop souvent assimilé au mal, un magnifique album qui montre la richesse de ces hommes et de ces femmes
et tout le bien que nous avons à partager cette richesse... Tu en veux un Brice ? Promets moi juste de le passer à Nicolas...
L’avis de Philippe
par Laurent
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13
Knud Romer revient dans
ce roman sur son propre passé. Lui fils d’un père danois et d’une mère allemande qui a grandi dans une petite ville du Danemark confronté chaque jour à la bêtise et la petitesse de l’Homme. On
est dans les années 1960 et sa mère dans ce pays depuis une dizaine d’années, est Allemande. Allemande d’une génération où l’assimilation au nazisme est automatique, surtout dans un pays occupé.
Enfant, il subira, avec ses parents, toutes les humiliations possibles commises par d’autres enfants et des adultes, lui le « cochon d’Allemand ». Pourtant en remontant le passé de sa
famille Romer Knud nous fait découvrir une histoire pleine d’humanité loin de la haine engendrée par le nazisme.
Construit habilement entre les traversées dans l’histoire familiale et les souvenirs d’enfance de l’auteur - mais si vous ne le lisez pas d'une traite, prenez des notes ;-) - Knud Romer sans
manquer de pudeur joue parfaitement avec la mémoire. Un roman profondément humain où face à la haine et la méchanceté, un enfant cherche à tenir, entre honte et amour pour sa
mère.
Une fois commencé, il m’a tout simplement été impossible de refermer ce roman, pourtant lourd de désespoir. Reste la petite erreur commise par l’éditeur à mon humble avis, que je sais partagé. Le
titre n’attire pas et rend extrêmement difficile la diffusion du livre, même si, effectivement il colle bien au récit. D’expérience personnelle, il faut batailler pour faire sortir un tel roman,
notamment pour les générations concernées. Mais une fois passée la réticence, un livre remarquable sur un sujet rarement traité.
Un livre encore soufflé par Cathe...
par Laurent
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16
Nicolas Wild vit à Paris
hébergé par un ami. Nicolas Wild est auteur de bande dessinée mais est en mal d’inspiration. Nicolas Wild doit payer une partie du loyer. Nicolas Wild accepte donc de répondre à l’annonce faite
par l’agence Zendagui Media pour un poste à… Kaboul.
Voilà comment ce jeune auteur débute son aventure – au titre qui donne le ton : « Comment je ne me suis pas fait kidnapper en Afghanistan » –
qui durera plusieurs années dans un pays qui sort à peine de la guerre et est en pleine reconstruction. Chargé de mettre en image la constitution afghane, dans un but pédagogique, Wild est un
observateur privilégié de la société afghane. Il ne néglige d’ailleurs pas les quelques explications historiques nécessaires ce qui permet à son récit de prendre un peu plus de profondeur. Avec
beaucoup d’humour et des dessins très agréables, il nous raconte son quotidien, les gens avec lesquelles ils travaillent et les souvenirs les plus marquants de son expérience. Les péripéties de
ce jeune auteur français débarqué en Afghanistan sont tout simplement succulentes et les contrastes auxquels il est confronté déroutants et particulièrement drôles. Des annexes en couleur
montrent quelques extraits de son travail là-bas ainsi que des photos personnelles qui donnent un peu plus de sympathie aux personnages et donc à l’auteur. Une vraie bonne BD comme je les aime,
qui tout en restant dans un style décontracté apporte beaucoup ! Vivement le tome 2 : « Comment je ne suis pas devenu opiuman en Afghanistan »… Tout un programme !
par Laurent
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2
C’est en 1983 qu’est né cet
ouvrage réédité cette année par Hazan dans la collection de poche « Bibliothèque des arts ». A la suite du décès d’Olivier Froux et de sa compagne, ami très proche de Raymond Depardon
et monteur de ses documentaires, Serge Toubiana pousse le photographe cofondateur de l’agence Gamma à lui rendre hommage par un livre. Seulement Raymond Depardon ne le peut pas sur l’instant et
choisit de retourner sur les traces d’un voyage fait avec Olivier Froux dans le « désert américain », celui des grands espaces, des cow-boys et des indiens.
Ce livre est une déclaration d’amitié et le difficile parcours de deuil d’un très grand photographe touché par la perte d’un ami. Les photos en noir et
blanc et les sobres légendes qui les accompagnent, les passages entre son voyage actuel et les souvenirs de l’ami disparu, font renaître de manière pudique et émouvante les liens qui unissaient
les deux hommes. Pour décor à cet hommage, la part mythique des Etats-Unis se dresse devant nous, filtrée par l’œil critique et artistique de Raymond Depardon.
Un bel hommage et un beau livre chargé de tristesse et d’interrogations à (re)découvrir.
par Laurent
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2
Dans une petite ville d’Argentine,
près de Cordoba, un homme et une très jeune femme, "étrangers" tous les deux, ainsi que M. Ponce l’avocat local, et sa sœur attendent l’autobus qui passe une fois par jour. Seulement ce soir là,
l’autobus ne s’arrête pas et accélère... Impensable que le chauffeur ne les ait pas vus selon l’avocat qui subit ici un terrible outrage à sa condition. Or le même jour, le commissaire sur ordre
et sans plus de précision de sa hiérarchie, demande au garde barrière de bloquer le passage de la voie ferrée jusqu’à nouvel ordre. Dans une ville où tout se sait et tout se dit, l’ignorance est
mère de toutes les curiosités les plus malsaines. Pourtant l’homme et la femme inconnus choisissent pour quitter cette ville de fous, malgré les recommandations du patron de l’hôtel-bar, de
partir à la ville suivante en remontant la voie de chemin de fer...
Voilà un court roman que l’on a du mal à lâcher une fois commencé. Autour de cette histoire qui attise la curiosité, du lecteur cette fois, Eugenia Almeida
dessine une galerie de personnages sensibles et drôles. Elle nous plonge parfaitement dans l’ambiance d’une ville de « province » où tout le monde se connaît et où chaque étranger est
perçu avec doute.
Un court roman conseillé par une bibliothécaire qui me fait l’honneur de passer par là quelquefois, alors merci à elle pour cette bonne surprise ! Ah...
Si les bibliothécaires n’existaient pas... Quant à vous, point d’hésitation possible face à l’enthousiasme de deux d’entre eux !
par Laurent
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15
Cette histoire particulièrement touchante est celle de la rencontre d’un enfant et d’un « clochard ».Un enfant aux portes de l’adolescence et aux parents qui se déchirent et un
homme de la rue accompagné de son harmonica et de ses souvenirs. Ces deux personnages blessés par la vie viennent chercher dans un parc, un de ces nombreux îlots de bonheur que peu
parviennent à saisir. De cette amitié furtive, l’enfant et le Monsieur tireront la force de partir à la conquête d’un îlot encore plus grand...
Une magnifique histoire en noir et blanc dans le pur style Chabouté, profondément humaine et émouvante. Le seul regret, comme toutes les bonnes histoires,
est de la voir s’achever trop rapidement... et un peu plus pour celle-ci que pour les autres.
par Laurent
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3
Au tout début de ce roman le
jeune Sicilien Nenè, en est encore à l’âge où l’on apprend à lire. A la toute fin de ce roman, Nenè a 18 ans et est enrôlé dans une guerre perdue d’avance. Entre temps, l’enfant qu’il était, avec
ses deux camarades Jacolino et Ciccio aura eu le temps d’apprendre... Mais d’apprendre surtout sur les femmes et la sensualité de leur corps. Il faut dire que très tôt un bâtiment l’intriguait. A
sa porte, une plaque brille : « La pension Eva ». Il lui faudra de longues explications de ses camarades pour qu’il comprenne ce qu’il s’y passe. Mais tous les savoirs du monde ne
servent à rien s’ils ne sont pas mis en pratique. Et théoriquement, il lui faudrait attendre ses 18 ans... Heureusement, avant cet âge, il sera aidé dans ses premiers cours par sa jeune cousine,
de deux ans son aînée, à la vocation doctorale ou encore par la mère veuve d’un de ses camarades, aux élans professoraux. Et finalement la pension ne lui sera pas entièrement étrangère avec son
lot d’histoires hilarantes mettant en scène un ange parachuté nu, un Staline particulièrement bien mis en valeur ou encore une joute féodale pour le moins originale...
Voilà un roman d’apprentissage digne des bonbons au caramel et beurre salé que j’ai dévoré pendant mes dernières vacances, tout simplement délicieux. Je remercie donc deux personnes... Andrea
Camilieri pour cette histoire terriblement drôle, sensuelle et séduisante aux parfums de Sicile qu’il m’a offerte – j’aime l’idée que les auteurs écrivent un peu pour moi. Et Cathe qui m’a fait découvrir ce roman initiatique qui est presque
parvenu à me faire rougir ;-))))
Un livre à lire au plus vite pour tous les amoureux des bons plaisirs que la vie sait nous offrir !
par Laurent
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