Gallimard réunit dans ce recueil de nouvelles, cinq histoires de l’auteur américain, William Styron (1925-1996). Nourries de sa propre
expérience, les nouvelles nous plongent dans le monde des Marines américains de l’après guerre. Il ne nous plonge pas tant dans les combats que dans la vie même du Marines, ici réserviste, qui
doutent, regrettent parfois leur engagement et redoutent l’attente avant les combats. Il évoque la cohabitation entre les Marines professionnels et les réservistes, deux mondes à part, mais aussi
l’esprit de corps, de solidarité et d’amitié qui peut naître, chacun apportant le bagage qu’il peut. Il montre le courage et comment tout homme parvient, dans la peur, à se replonger dans son
enfance pour se rassurer.
Les cinq nouvelles sont un régal sur ce monde, sur l’Amérique de l’après-guerre et le style de l’auteur qui peut
être poétique, colle parfaitement aux histoires. En lisant l’une de ces nouvelles, je n’ai pu m’empêcher de penser au cultissime « Full Metal Jacket ». Les fans apprécieront donc. Un univers, un
auteur à découvrir absolument et pour ceux qui n’aimeraient pas les nouvelles vous pouvez vous retourner vers ses romans que je ne tarderais pas à découvrir non plus ! Un auteur à connaître
absolument.

Basilio habite dans une petite ville du Pays Basque espagnol : Guernica. Son quotidien est fait de petits boulots dans les fermes du coin et de peinture. Basilio peint
les hérons qu’il surprend au bord de l’eau, loin de toute agitation. Pour séduire la belle Célestina, ouvrière à la confiserie de la ville, il veut peindre le plus beau des hérons. Ce matin
d’avril 1937, il le tient ce héron, accompagné de la brume et de la lumière qui feront un tableau unique. Mais au loin, venant fracturer ce silence d’espoir, il entend les premiers grondements
des avions fascistes qui se préparent à bombarder son monde…
William T. Vollmann, dans ce récit et dans la
lignée d’un Kerouac, nous fait partager le quotidien des Hobos. Sans domicile fixe, les hobos voyagent à travers les Etats-Unis, utilisant illégalement les trains de marchandise. Ils resquillent,
mais s’arrêtent parfois pour un travail saisonnier. Des hommes qui à un moment ont cherché la liberté, n’hésitant pas à tout plaquer. Pendant plusieurs mois, il a donc plongé dans ce monde
et nous fait vivre ses attentes avant la montée dans un train, la peur des vigiles, ses rencontres, parfois inattendues, avec d’autres hobos et indirectement, il se livre à nous.
La Roumanie des années Ceausescu est sur le
point de tombée. Aux fins fonds du pays, ce qui est présentée comme la dernière léproserie d’Europe (r)enferme quelques pensionnaires, haïs de tous. Ces enfants de Hansen, du nom du médecin
norvégien qui a découvert le bacille, sont aidés par la Croix Rouge, mais isolés du Monde. Une hiérarchie se met en place et leur vie s’organise selon l’évolution lente de la maladie. Entre le
vieux Hongrois, Ingemar Zoltan, Margareta la vielle femme russe, le couple Mstislaw Kasiewitz et Cion Eminescu, l’agent américain Robert W. Duncan et notre narrateur, les relations sont parfois
proches du chaos, poussées toujours plus par le désespoir. Tandis que certains sont résignés et attendent, d’autres pensent à l’avenir, s’accrochent à la vie. Dans un monde en plein changement,
ceux-là ne veulent pas rester inertes à attendre que la mort ne vienne les chercher un par un…
Allé ! Quoi de mieux pour une reprise qu’une bonne BD ?
Une galerie de portraits à la Bedos : Adjani, Aznavour, Belmondo, Rocard, Sinclair, Zemmour… Autant de personnages
qui offrent l’occasion à Guy Bedos de régler ses comptes, d’évoquer ses amours et surtout… surtout de parler de lui… Encore et toujours. Même en rendant hommage à ses grands hommes et grandes
femmes du Panthéon Bedos, Bedos arrive à franchir la frontière et à se mettre en avant. Comme si l’écriture exacerbait son égocentrisme…MAis ce n'est qu'un homme après tout...
Dexter est issu d’une famille favorisée, est beau, un peu fou et brûle la vie par tous les bouts. Emma est issue d’un milieu modeste, n’assume
pas les défauts qu’elle n’a pas et est pleine de principes, débordante de convictions… Deux jeunes adultes qui le 15 juillet 1988 se rencontrent et passent une nuit ensemble malgré leurs
divergences. Mais la vie va et continue son petit bonhomme de chemin. Des vies qui vont alors se croiser et se décroiser, pour laisser naître une amitié à l’amour cachée.
Carvin, la trentaine est ouvrier dans une usine du Nord. Malgré les bénéfices des actionnaires, la délocalisation menace et les licenciements avec. Impossible pour Carvin de se résoudre à
cette injustice et de se rendre sans combattre, au sens propre du terme. Sa femme pourtant n’en peut plus de ses luttes inutiles et part avec sa fille. Anath, la trentaine aussi est DRH dans
cette même entreprise. Elle est de l’autre côté de la barrière et doit préparer le plan social… Rien ne devait rapprocher ses deux écorchés de la vie et pourtant, la lutte au nom de la justice en
sera le ciment. Une lutte qui rapidement se propagera aux alentours
Juliette est jeune, jolie, libre, indépendante, a même un piercing au nombril et est contre les cadres imposés par la société. Benjamin tombe ainsi de vraiment très haut lorsqu'elle
le demande en mariage. Tous ses points de repères semblent se dérober à l’instant même où il est sensé donner sa réponse. Lui le bibliothécaire qui passe quelques nuits de temps en temps avec sa
collègue, tandis que sa future femme ne se prive pas avec Jimmy son meilleur ami… Tout se complique un peu plus lorsque les parents s’en mêlent, entre dépression, fierté, égoïsme, soif de nouveau
départ, conservatisme…
Voici sans doute l’un des romans les plus remarqués de la dernière rentrée littéraire. Il me tardait donc de le lire et de découvrir ce qui
avait tant séduit les critiques.
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