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J'ai lu...

Lundi 19 octobre 2009

Ludivine est une jeune institutrice aux méthodes d’enseignements peu orthodoxes et rejetées par les institutions françaises ; Vanessa et Fabien un jeune couple conflictuel ; Aymeric un amoureux des femmes... de toutes les femmes ; Monique une veuve cherchant à accomplir la dernière volonté de son mari ; et Peter un mystérieux milliardaire. Autant de personnages différents qui pour différentes raisons vont se retrouver chez des cannibales de Papous. En vacances ou dans le cadre de leur profession, ces occidentaux entreprennent une excursion avec leur jeune guide Leonardus. Cette excursion qui ne va pas se passer comme ces touristes le souhaitaient, puisque des indépendantistes décident de les prendre en otage. L’aventure peut commencer, tandis que les méchants ne se cachent pas forcément où l’on pense.

Stéphane Dovert spécialiste de l’Asie (la quatrième de couverture nous indique qu’il est né en 1966, a été en charge de la coopération française en Birmanie, en Thaïlande et au Viêt Nam, qu’il a fondé l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud Est contemporaine et qu’il a écrit plusieurs ouvrages de sciences humaines et enfin qu’il nous offre là son deuxième roman), calque sur ses connaissances anthropologique une histoire d’otages à la dérive en pleine jungle. Souvent avec humour, l’auteur s’attaque aux certitudes occidentales, aux incompréhensions culturelles et à la manipulation. Un roman agréable qui ne manque pas de rebondissements.

Seulement, pour ma part coincé entre comique de situation et drame terriblement réaliste, j’ai eu du mal à rentrer pleinement dans l’histoire, le roman me laissant le goût des différentes couches le composant : culture papoue, trame, drame, humour, … Comme si l’ensemble manquait de liens.

Par Laurent
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Jeudi 8 octobre 2009

Franck Pavloff, l'auteur engagé de « Matin brun » et de l'excellent « Pont de Ran-Mositar » revient avec un roman sur l'immigration clandestine en Amérique du sud.

Tchaka vient d'être engagé comme jardinier par un grand propriétaire terrien, dans la ville de Banos de Agua Santa, au centre de l'Equateur. Lui, l'étranger que personne ne connaît, en observant la nature, sait reconnaître les prémices du réveil du volcan Tungurahua, sur les pentes duquel il travaille. Mais, personne et en premier lieu le propriétaire ne veut admettre le danger d'un volcan endormi depuis plusieurs décennies.

Lucia, aidé par quelques uns, vit éloignée du regard de la population locale. Elle a choisi d'aider les immigrés clandestins à passer les frontières vers le nord, pour éviter qu'ils ne tombent entre les mains des passeurs, dont le seul but est de leur soutirer le peu d'argent qu'ils possèdent. Deux destins qui vont se croiser, au milieu de la tourmente causée par un volcan qui gronde de plus en plus.

Franck Pavloff s'empare cette fois de thème de l'immigration clandestine, de la détresse et de l'espoir qu'elle transporte. Un roman d'ambiance où le volcan est un personnage à part entière. Mais un roman à l'allure brisée par des longueurs répétitives.

Par Laurent
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Lundi 21 septembre 2009

« La plus grande pianiste vivante dont personne n’a jamais entendu parler ». Voilà les termes choisis par un journaliste pour résumer le talent gâché d’Anna Song, morte à l’aube de ses 50 ans, après avoir lutté près de 20 ans contre un cancer qui la rongeait à petit feu. Une pianiste surdouée, qui a servi les plus grands, mais atteinte précocement d’une maladie qui l’a paralysée de la main un temps et forcée de quitter le circuit international en pleine éclosion. Anna Song tombe dans l’oubli. Seul son mari, Paul Desroches est à ses côtés et l’aide à réaliser ce qui parait impossible. Lorsqu'elle découvre son cancer elle veut, avant de partir, honorer les plus grands compositeurs une dernière fois. De cette aventure, 102 CD sont enregistrés et envoyés à la presse, qui découvre alors l’émotion qui se dégage du jeu de la franco-vietnamienne à bout de force. 

Seulement, une brise de technologie vient effondrer le château de cartes édifié par un homme éperdument amoureux...

 

Puisant ses sources d’une histoire vraie, Minh Tran Huy, après « La princesse et le pêcheur », revient avec un roman autour de la musique, du mensonge et du pays de ses origines, le Vietnam. Construit par tranches l’histoire mêle les confessions de Paul Desroches, aux différents articles de journaux révélant l’affaire (Minh Tran Huy s’est inspirée des articles originaux). Conduit entre réalité et mensonges, le lecteur se laisse porter par l’histoire découvrant chaque pièce du puzzle progressivement. La psychologie des personnages y est particulièrement travaillée et les réponses aux questions inévitables sont suggérées.
 

La construction du roman implique nécessairement des répétitions qui viennent freiner une œuvre déjà très lente, et qui m’ont parfois poussé vers l’ennui. Un roman attachant cependant, notamment par l’évocation des origines et l’ambiance qui s’en dégage, mais pour les amoureux des lectures lentes... très lentes.

Par Laurent
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Jeudi 17 septembre 2009

A 14 ans Nina, fille unique et adolescente introvertie, passe ses vacances, comme chaque année dans la maison familiale, au milieu de la pinède. Peut-être pour se donner bonne conscience, mais aussi pour faire éclore leur fille, pour la première fois, ses parents ont décidé de prendre avec eux une autre adolescente, issue d'un milieu modeste et un peu perdue, Sabine, 16 ans.

Nina est heureuse de faire rentrer dans sa bulle Sabine et de lui présenter les lieux de son enfance et le charme de la côte. Seulement Sabine qui garde ses distances, va inverser les forces et attirer l'adolescente sage dans son monde à elle. Un monde plus chaotique, rebelle, aux relations directes avec les garçons, aux limites floues... Nina s'émancipe de ses parents, qui voient leur fille leur échapper chaque matin un peu plus. Rapidement Sabine vient ainsi perturber cette famille unie et sans histoire en entrainant tout le monde dans un tourbillon, qu'il faudra rapidement stopper... et ce par tous les moyens.

Hélène Gaudy, jeune auteur de 30 ans, s'attaque avec « Si rien ne bouge » à l'adolescence, à la relation entre parents et enfants, entre ados eux mêmes, aux rapports de domination et de soumission, ou encore aux petites vies bien installées. Un roman bien écrit, où s'installent progressivement transgression, violence et folie. Le dénouement, pas évident à la première lecture, peu laisser perplexe et déstabiliser le lecteur, tant le réalisme des premières parties est mis à mal...

Pour ma part, un roman intéressant, mais qui manque peut être de profondeur et au final qui ne m'a pas convaincu, par quelques ficelles un peu grosses sur l'adolescence et les relations parents-enfants, mais également par une fin excessive...

Par Laurent
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Jeudi 3 septembre 2009

Comme chaque année depuis 18 ans, Amélie est au rendez-vous. Et pour la première fois je m’y suis rendu, à ce rendez-vous. Il faut dire que les autres années, on entendait tellement parler de ces livres que je n’avais pas vraiment ressenti le besoin de les lire. Cette fois j’ai sauté sur l’occasion devançant la machine médiatique !


« Le voyage d’hiver », est une histoire d’amour raté, même si la quatrième de couverture indique bien qu’il  n’y a pas d’échec amoureux… Mais quand même, c’est un peu raté, là.

Zoïle, agent EDF-GDF a donc décidé par amour, ou par manque d’amour, de commettre un attentat contre un grand monument parisien. Quelques mois plus tôt il a rencontré Astrolabe, jolie femme, qui protège Alienor, écrivain douée atteinte d’une forme rare d’autisme. Il tentera tout pour séduire la belle, mais ce n’est vraiment pas simple de se glisser dans ce couple déjà formé. Astrolabe a décidé de sacrifier tout amour pour Aliénor. Zoïle ne veut pourtant pas désarmer, quitte à utiliser des produits hallucinogènes.


Un court roman écrit gros… Les mauvaises langues diront qu’au moins il se lit vite. On retrouve tout ce qui a fait le succès d’Amélie : humour, situation déjantée, quiproquos, un brin de provocation, des phrases et des images percutantes - un peu simpliste parfois - , de la malice, de l'autodérision… Les trois personnages contiennent tous une part de l’auteur. Mais ils en contiennent tellement, qu’il m’a été difficile d’oublier Amélie et de ne pas la voir dans chaque passage, chaque dialogue. Impossible donc de rentrer complètement dans le roman, de ne pas être écrasé par Amélie ou sa machine, ce que la couverture n'arrange guère… Bref, une lecture agréable, qui parfois m’a fait sourire, mais pas vraiment pour moi, qui aime davantage la discrétion de plume. Je continuerai seulement à l'écouter parler...

Par Laurent
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Jeudi 27 novembre 2008

Mai 2006, en plein Paris dans une cité d'artistes, une jeune femme, comptable dans un magasin de cuisines, est assassinée. La narratrice est à la recherche de son cousin journaliste des faits divers, disparu alors qu'il travaillait sur ce meurtre. La jeune femme est alors obligée d'enquêter à son tour, et, au fil de ses rencontres nous guide en dehors des lieux, dans ses souvenirs, ses visions, ses rencontres avec des personnages aussi étonnant qu'Olga Leeuwenhoek, octogénaire, écrivain de polars, qui trouve là une source d'inspiration en or alors qu'un meurtre a eu lieu derrière sa porte...

« Disparition d'un chien » est un roman qui nous emmène là où l'on ne s'attend pas... La trame policière est un prétexte à la balade littéraire, à la rencontre de personnages, à la critique d'un monde politique épouvantable. Un roman qui plaira et en surprendra quelques uns... mais dans lequel, j'ose l'avouer, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer. La construction et le style n'ont pas réussi à me convaincre. Mais j'essaierai certainement un autre roman de l'auteur dont l'univers ne m'a pas laissé indifférent.

Par Laurent
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Vendredi 10 octobre 2008

Un homme, survivant d'une guerre civile d'un pays d'Afrique que nous ne connaîtrons pas, revient dans la région du Sud où il a grandi. A peine sorti de la forêt et passé les checkpoints avec les autres réfugiés de retour, il se met à la recherche de ses amis. Mozaya et Asafo Johnson avec lesquels il a traversé sa jeunesse paisible, entre conversations pour refaire le monde et leur troupe de théâtre. Mais la guerre est passée... Faisant de l'un une victime et de l'autre un complice. Entre colère, vengeance et résignation, le "Revenant" retrouve un monde qui n'existe plus et dont il doit faire le deuil...

« Solo d'un revenant » est un roman fort et dur, entre poésie et théâtre, deux terrains que connait bien l'auteur togolais. L'écriture est particulièrement exigeante et parfois même déroutante, et j'avoue m'être souvent perdu dedans. Les amoureux inconditionnels de la littérature africaine s'y retrouveront peut être davantage. Il n'en reste pas moins que certains passages sont très beaux et m'ont permis de refaire un peu surface. Mais trop peu...

Par Laurent
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Lundi 6 octobre 2008

Le Val de Grâce est une rue de Paris - le Paris chic - qui pour les Parisiens est associée d'abord à son hôpital. Mais pour Colombe Schneck, cette rue a une autre saveur. Celle de l’appartement où elle a grandi. Un appartement que ses parents ont voulu comme une forteresse du bonheur pour protéger leurs enfants d’un monde si cruel. Cacher la déportation des grands parents juifs, les persécutions de ses propres parents durant la guerre, le suicide de l'ami ou encore la mort de la femme de ménage et ne retenir que les rêves accomplis - danser avec Fred Astaire, rechercher le monstre du Loch Ness -, les réceptions, la folie d’une maison multicolore et de ses habitants extravagants. Une enfance heureuse - si ce n’est les cours de piano - et protégée, loin du monde et de sa dureté. Mais la réalité frappe même les plus éloignés de ce monde avec la fin de l’âge d’or, la maladie, la mort des proches et les héritages de toute nature.

Un roman sur l’enfance joyeuse de l’auteur, ses relations avec sa mère frappée par un cancer, sur le travail de deuil et finalement sur la transmission. Un roman court et émouvant. Mais un roman qui a fini par me lasser. Si les premières pages m’ont séduit avec de jolis instants d’écriture, rapidement la trame m’a échappé et l’esprit bobo-rive gauche, légèrement agacé. Je n’ai pas détesté, je n’ai pas aimé... Mais j’ai lu, et finalement c’est déjà pas mal !


Un livre :
Qui vous bercera chez
Clarabel
A mettre en milieu de pile chez MRY
Et plein d'amour chez Lily  

Par Laurent
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Jeudi 18 septembre 2008

Elsa Platte est une ancienne danseuse, mère de 4 enfants, et mariée à Alexandre. Un mari qui rentre de plus en plus tard et qui s’ennuie de voir sa femme loin de ce qu’elle était. Une femme proche de la dépression qui pour surmonter ses difficultés s’enferme dans un film qu’elle regarde tous les soirs depuis bientôt trois mois. Parce que ce film, « Chaînes conjugales » de Joseph L. Mankiewicz  (trois jeunes femmes qui reçoivent une lettre leur annonçant qu’une connaissance part avec le mari de l’une d’entre elles) la fait rire et la fait pleurer à volonté, une manière de prendre conscience d’une réalité qui la dépasse. Mais ce soir là, la séance a une saveur particulière. Ses enfants se sont joints à elle pour regarder et comprendre leur mère, et Alexandre a prévenu la veille, après une dispute, qu’il ne rentrera plus. Pourtant Elsa attend...

 

Sur un fond d'histoire (trop) classique - la femme-mère à la recherche de sa place dans son couple - Alice Ferney tente un exercice original mêlant cinéma et littérature le tout enrubanné d’amour. Seulement si certaines réflexions sont riches et séduisantes, qu’on les partage ou non d’ailleurs, comme ici, l’ensemble m’a paru très rapidement ennuyeux et avec bon nombre de lieux communs sur la vie de couple et l'amour en général. Il m’a fallu m’accrocher ferme pour terminer le livre qui se perd entre les différents personnages du film et ceux du roman. L’histoire ne décolle pas vraiment pour un final (pour ceux qui ont le courage d’aller au bout) qui sent l’eau de rose. C’est une vraie déception pour mon premier roman d’Alice Ferney. Que les fans ne s’émeuvent pas, je ne manquerai pas de faire un tour dans ces premiers écrits qui ont tant marqué les lecteurs.

Les avis d'Essel , Gambadou, Clochette, Praline, ...

Par Laurent
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Mardi 29 avril 2008

Marie Cosnay reconstruit dans ce roman l’histoire d’André, arrière-grand-père de la narratrice qui a combattu dans les tranchées de la Première Guerre. Elle retrace ainsi la vie de différents personnages qui se croisent et ont rencontré la grande Histoire. Mais, la narratrice n’a pas tous les éléments et partant de leur mémoire elle reconstruit progressivement leur histoire, leurs secrets et leurs silences, nous conduisant des fronts de la Grande Guerre à Addis Abeba. 


Voici, un livre particulièrement exigeant : des phrases courtes, un style saccadé, des scènes qui ne se suivent pas et à reconstruire par nous même, de nombreux retours en arrière. Un livre où le lecteur doit accepter de perdre tous ses repères et se laisse porter par les mots… tout en s’accrochant très fort. Un véritable challenge pour ceux, qui contrairement à moi, apprécient le genre.

Par Laurent
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Vendredi 25 avril 2008

Auteur d’un « miracle un équilibre » et de l’excellent « Cosmofobia » qui m’avait enchanté, Lucia Etxebarria quitte le monde du roman pour nous revenir avec un manuel  du bonheur, pour les couples - hommes-femmes, femmes-femmes, hommes-hommes ou mêmes transexuels. En adepte d’Almodovar, elle n’oublie donc personne. 

Après un petit test pour savoir si ce livre vous est destiné, Lucia Etxebarria nous livre quelques souvenirs d’amour personnels. Elle entre ensuite dans le vif du sujet et s’attaque aux idées reçues qui contribuent à fragiliser bon nombre d’individus et donc de couples. Elle décortique les sentiments et cherche à rassurer, à rétablir les équilibres. Elle nous parle alors de dépendance émotionnelle, d’estime de soi avant d’aimer l’autre, de l’addiction à l’amour ou encore du pouvoir de la télévision sur nos modèles. Richement documentée et parfois avec humour elle parle de sa vision de l’amour… Hasard de l’ordre de mes lectures, alors qu’Erik Orsenna nous défendait l’amour unique, Lucia Etxebarria en dénonce le stéréotype et le mensonge absolu qui nous sont inculqués dès notre plus jeune âge avec la télévision pour relais moderne. 

Mais voilà, dès les résultats du test Lucia m'avait prévenu que ce livre me « serait à peu près aussi utile qu’un téléphone portable avec caméra incorporée ». On ne peut pas dire que je n’avais pas été prévenu… Les "recettes du bonheur" ont tendance à m'ennuyer. Un livre qui intéressera sûrement mais qui m'a laissé sur le chemin. Et j’attends avec impatience le prochain roman de Lucia pour reprendre la route avec elle…

Par Laurent
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Vendredi 18 janvier 2008

journal.jpg Fabrice Neaud met ici en image son journal intime en plusieurs volumes. Un récit sincère qui dévoile les parties les plus intimes de l’auteur, se mettant à nu sans aucun tabou. Il est peintre et homosexuel dans une petite ville de province. Figurent alors ses doutes sur un projet de « chemin de croix », ses embûches sentimentales et ses difficultés de vivre une sexualité « hors norme » dans une petite ville de province. Une situation qui pousse au communautarisme, à la caricature et à l’enfermement. Pourtant Fabrice parvient à faire une rencontre, un soir sur les remparts, au lieu de drague. Il est immédiatement amoureux de Stéphane, qui refuse de s’engager.

Si les graphismes sont très agréables (noir et blanc) et le texte bien écrit, l’ensemble ne m’a pas convaincu et je ne pense pas lire les autres tomes. Un récit peut-être trop centré sur l’auteur sans l’impression de prendre de la hauteur. Une simple description. Voici le propre de bon nombre de journaux intimes et la raison pour laquelle je peux m'ennuyer en les lisant... Je ne peux pas dire que je n’avais pas été prévenu !
Par Laurent
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Jeudi 10 janvier 2008

Grossman.jpg "J’écoute avec mon corps" est un recueil de deux nouvelles écrites par celui qui est présenté comme l’écrivain israélien le plus doué de sa génération. Avec un titre pareil, une couverture aussi sensuelle et des références aussi impressionnantes, il me tardait de commencer ce livre...

La première histoire qui reprend le titre du recueil, est le récit de la visite que fait une jeune écrivain à sa mère affaiblie par une maladie qui la ronge et la rapproche chaque minute un peu plus de la mort. Accompagnée de son dernier manuscrit, la jeune fille choisit de le lui lire. Elle trouve là l'occasion de parler, de se mettre à nue face à une mère contre laquelle les rancoeurs et les incompréhensions se sont accumulées au fil des années. Ce qui est raconté alors c'est un épisode traumatisant pour la jeune fille, où la mère alors professeur de yoga a accompagné un jeune adolescent dans sa révélation. Un épisode qu’elle a vécu comme une trahison et une déchirure. Ce huis clos permettra à chacune d’accepter l’autre... La maladie de la mère, l’homosexualité de la fille.

La seconde histoire, « Délire », autre huis clos étouffant, voit un homme se confier à sa belle-sœur le temps d’un trajet en voiture. Il avoue alors sa passion et sa jalousie envers une femme qu’il soupçonne d’avoir un amant et qu’il veut surprendre. Mais le lecteur est rapidement envahi par le doute et ne sait plus qui trompe qui... 

Voilà deux histoires que David Grossman a voulu oppressantes et chargées. Il nous livre sa vision des rapports qui peuvent s’installer entre deux êtres, autour de la passion et de l’amour. Il joue avec les mots, il décrit la sensualité des corps et nous mène avec lui dans l’exploration des sentiments humains les plus profonds.

Seulement, au final c’est un style exigeant qui nous est imposé. Un style exigeant - c'est mon côté diplomate... - qui plaira peut être à certains, amoureux du genre ou passionné de yoga, mais qui pour ma part ne m’a laissé qu’une impression de lenteur et d’enlisement. Incapable de rentrer dans ces deux histoires que j'aurai eu du mal à comprendre sans la quatrième de couverture, j’ai véritablement peiné à les terminer... Mais rassurez-vous, je ne désarme pas et me plonge aussitôt dans un nouveau titre de la littérature israélienne !

Par Laurent
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Vendredi 4 janvier 2008
badenheim-copie-1.jpg Comme l’avait annoncé Cathe, voici le début de ma série de lectures de romans israéliens en vue de la préparation du salon du Livre - dur métier que le notre vous avouerez. Et mon premier roman est Badenheim 1939 de Aharon Appelfeld.
 
Badenheim est une petite station thermale autrichienne où la bourgeoisie juive se retourve dès le printemps autour notamment du festival anuel de musique classique. Les organisateurs, les musiciens, les spectateurs, prennent alors progressivement place dans la petite ville en effervescence. Seulement, on est en 1939, en Autriche, et les services sanitaires du Reich imposent à tous les juifs de la ville de se faire recenser en vue d’un départ pour la Pologne. Petit à petit, l’ambiance printanière ce couvre et l’atmosphère s’alourdit dans un contexte politique que certains sous estiment...
 
Pour ma première entrée dans la littérature israélienne, je touche au sujet le plus rude. La mise en place des premières lois antisémites, la déportation, la résignation, ... Un sujet dur qui est traité dans ce roman écrit par Appelfeld dans les années 80 et qui montre l’imprégnation progressive de la haine et de l’horreur dans la société. La galerie de portraits uniquement juifs dessinés par l'auteur montre avec subtilité les débats et les mécanismes qui ont conduit au sein de la société juive à l'une des pages les plus noires du XXème siècle.
Un livre qui plaira et qui a déjà plu (Cathe, Clarabel), mais qui pour ma part ne m’a pas vraiment touché malgré le sujet. Difficile d’en trouver la cause, le style de l’auteur très – trop ? – épuré, des personnages qui ne m’ont pas convaincu, ou tout simplement parce que ce n’était pas le bon moment pour le lire... Pour trancher il faudra que je me plonge dans d’autres romans de cet auteur et que j’aille rendre visite à Cathe...
Par Laurent
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Vendredi 28 décembre 2007

thcai-masala.jpg Tchaï Masala est le récit des voyages qu’a fait Christian Cailleaux en Inde de décembre 2004 à janvier 2005 et en décembre 2006. L’auteur nous entraîne avec lui à travers la découverte de ce pays et nous livre ses impressions, ses souvenirs, et ses interrogations, parfois avec beaucoup d’humour, sur une culture très éloignée de la sienne. Il nous précise lui-même que « Tchaï Masala c’est pour partager le goût du thé et quelques impressions, sans ordre ni raison ». C’est effet ce qui ressort de cette lecture. Une vague histoire qui offre surtout l’occasion de nous transmettre un peu de parfum de l’Inde.

Seulement, après avoir lu cette histoire, il me reste une impression de superficialité, tant il ne s’attarde pas sur les grands moments du récit et ne semble qu’effleurer la culture indienne sans nous en livrer les clefs. Si la couverture laisse supposer un album aux couleurs vives, l’intérieur est très sobre voir terne, bien loin des réalités du sous-continent. Il est vrai cependant que ce sont les impressions de l’auteur sur ce pays qui nous sont rendues et non l’Inde elle-même. Une Bd à la limite du carnet de voyage et que j’aurai aimé plus approfondie.

Par Laurent
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Samedi 8 décembre 2007

jesus.jpg Gilbert Sinoué, comme il le dit lui-même, met « son érudition au service de l’imagination ». Il réécrit ainsi la vie de Jésus à partir d’un évangile qu’il aurait écrit lui-même. Partant de l’idée que Jésus n’est peut être pas mort sur la croix et s’appuyant sur des hypothèses fondées, Gilbert Sinoué fait revivre – sans mauvais jeu de mots de ma part... – dans son roman les principaux personnages bibliques. On suit alors dans leurs interrogations face aux événements Pilate, Hérode, Marie ou encore Joseph et tous ceux qui ont gravité autour de l’élu. 

Plusieurs notes explicatives en fin de volume viennent même renforcer les théories de l’auteur donnant un peu plus à réfléchir. La vision n’est pas déplaisante et sans avancer de grandes révolutions puisqu’il reste dans les grandes lignes des évangiles, elle est intéressante à entendre car à première vue plausible - je ne suis pas théologien cependant...

Seulement voilà... Malgré l’érudition de l’auteur et le travail qu’il y a derrière ces lignes, je n’ai pas pu terminer ce roman. Si je suis bien rentré dans l’histoire dès les premières lignes, et si l’idée me semblait amusante, j’ai très rapidement décroché et je suis sorti totalement du récit. Trop dans le style biblique sans doute à mon goût la narration m’a semblée manquer de rythme et m’a parfois ennuyée. Ce livre plaira sans doute aux passionnés de la question, mais pour ma part, je passe mon tour.

Par Laurent
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Vendredi 5 octobre 2007
Pavloff.jpg Lorsque Xerkès cinéaste grec au talent vieillissant rejeté par la critique rencontre Sisko, jeune journaliste français travaillant à faire revivre le passé d’un Robin des bois Savoyard du XVIème siècle, il sait qu’il tient là le moyen de clore son œuvre. Armé de sa seule caméra, il veut « rendre compte du monde » et le relier aux injustices passées. Montrer que « hier se vit aujourd’hui mais ailleurs », que les résistances à l’oppression continuent sous nos fenêtres fermées.
 
Xerkès, assisté d'une troupe de trente comédiens, de Sisko et de la jolie Lola, prendra alors tous les risques pour dire ce monde, ne s'arrêtant jamais de filmer. Basé en Savoie dans la chapelle des Apparences, à Embrun, il emmènera sa troupe de saltimbanques au Darfour où il saisira la mort d’une enfant, ou en Tchétchénie où il manquera de mourir. La troupe suit mais se fatigue d’une improvisation éprouvante, d’images insoutenables et d’une caméra qui sans cesse pointe l’horreur. Pourtant Xerkès ne veut rien savoir des drames qui se multiplient autour de lui et s’acharnera à terminer son œuvre.
 
« La chapelle des Apparences » est un livre marqué sans conteste possible par l’empreinte Pavloff. Dans le style d’abord, épuré et simple, parfois poétique, il marque le lecteur qui se laisse guidé. Les livres de Pavloff, que je les ai appréciés ou non, m’ont toujours accompagné un peu plus longtemps que les autres. 
On y retrouve également l’engagement de l’auteur, dénonçant sans relâche la face sombre de notre monde, massacres, oppressions, injustices, violences. Seulement, et malgré mon enthousiasme à commencer ce roman – j’avais adoré « le pont de Ran Mositar » -, à aucun moment je n’ai été convaincu par l’œuvre. Il semble y manquer un véritable lien entre les différentes histoires qui s’entremêlent, sur fond humanitaire et son seul engagement ne suffit pas à faire beau roman. La caricature n’est parfois pas loin, tant il m’a donné l’impression d’en faire trop.
J’aime sincèrement beaucoup cet auteur, mais pour cette fois je passe mon tour, en attendant le suivant avec impatience.
Par Laurent
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Mardi 2 octobre 2007
in-memoriam.jpg « In memoriam » est le récit d’un homme qui trouve en l’écriture l’unique moyen de ne pas tomber définitivement dans la folie. Une folie née de l’amour de Sola, jeune écrivain comme lui mais au véritable succès, qu’il aimait parce qu’elle était son double, du moins voulait-il le croire. Meurtrie au plus profond d’elle-même, Sola ne s’échappera pourtant pas de son mal et se donnera la mort comme ultime porte, sans autre explication qu’un dernier roman introuvable. La confession de cet homme blessé par l’amour qu’il a donné en vain, plonge dans le passé de chacun, jusqu’à la rencontre de son frère, Thomas avec Sola. Un frère qu’il hait pour ce qu’il a été et qui finira par lui voler définitivement son bien le plus précieux. Une chose le hante alors, comprendre...
 
Linda Lê traite dans ce roman des sujets qui lui sont chers : l’amour, la folie et la mort. Elle entraîne le lecteur dans l’angoisse, l’incompréhension et la colère du narrateur par un style juste et touchant. Les personnages s’installent dans une histoire étouffante autour du vide que laisse tout suicide et l’on se laisse prendre par cet homme qui veut se réapproprier la mémoire d’une disparue. Mais me concernant, l’histoire m’a semblée sans rythme, voire longuette et l’ensemble servit par une écriture parfois tapageuse. Un roman exigeant qui plaira sans doute mais qui me laisse personnellement sur ma faim (fin...).
Par Laurent
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Samedi 23 juin 2007

psycho.jpg Un tueur en série sévit dans Philadelphie. Sa spécialité à lui ? Rejouer les scènes des meurtres des plus grands films du cinéma devant les caméras, mais cette fois en une seule prise... et pour de vrai ! Les inspecteurs Byrne et Balzano vont alors mener l’enquête et nous entraîner de rebondissements en fausses pistes vers ce tueur que l’on perce progressivement par l’intermédiaire de passages écrits à la première personne.

 Au final, un thriller efficace aux multiples personnages (trop ?) qui enchantera peut être les cinéphiles et qui accroche assez rapidement mais sans grande originalité dans son style. Un de plus qui pourrait être porté sur grand écran et qui rencontrerait sans doute le succès. "Un de plus" en fait est un bon résumé...  Pour ma part rien de bien neuf, mais un bon moment de passé tout de même, sans emballement aucun ;-)
 
Pour celles et ceux qui souhaiteraient à tout prix découvrir cet auteur il semblerait que son précédent roman, « Déviances » soit nettement meilleur.
Par Laurent
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Lundi 7 mai 2007
animals.jpg Peut-on parler des livres que l’on n’a pas lus ? Il parait que oui... Rassurez-vous je ne me lancerai pas dans cet exercice périlleux ! Je tenais cependant à faire cet  article sur « Animals » de Keith Ridgway, présenté comme l’un des plus grands auteurs irlandais contemporains. Né en 1966, il a même reçu le prix Femina étranger avec son premier roman « Mauvaise pente » (2001). Sans doute un auteur incontournable de notre paysage littéraire...
 
Seulement voilà, moi je n’ai pas pu. A aucun moment je ne suis rentré dans l’histoire et chaque page tournée figurait l’un des 21 virages de l’Alpe-d’Huez. Même avec quelques produits illicites je n’étais pas certain d’en venir à bout ! Et comme la pugnacité ne semble plus payer en ces temps électoraux, j’ai préféré jeter l’éponge à la cinquantième page.
 
L’histoire ? Un jeune illustrateur de bandes dessinées découvre en marchant une souris morte dans le caniveau. Elle le fascine sur le champ et il décide de mesurer sa raideur cadavérique au moyen de son stylo qui, contaminé, devra être jeté. Pour immortaliser l’instant, il décide de la photographier et de continuer sa journée sans en dire mot à personne. Plusieurs événements viendront ainsi rythmer sa journée, et l’étrange s’installera autour de lui par de petits détails sans conséquence... au début... Un cauchemar à la limite du réel.
 
Ce roman est présenté comme pouvant être rangé au côté du Horla de Maupassant. J’ai adoré le Horla, mais impossible de terminer celui là où finalement l’ennui a eu raison de ma lecture. Un auteur incontournable, une histoire « dense et ample », un livre qui deviendra culte d’ici peu... je me demande si l’éditeur ne s’est pas un peu emballé dans sa quatrième de couverture.
Par Laurent
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