Marie Cosnay reconstruit dans ce roman l’histoire d’André, arrière-grand-père de la narratrice qui a combattu dans les tranchées de la Première Guerre. Elle
retrace ainsi la vie de différents personnages qui se croisent et ont rencontré la grande Histoire. Mais, la narratrice n’a pas tous les éléments et partant de leur mémoire elle reconstruit
progressivement leur histoire, leurs secrets et leurs silences, nous conduisant des fronts de la Grande Guerre à Addis Abeba.
Voici, un livre particulièrement exigeant : des phrases courtes, un style saccadé, des scènes qui ne se suivent pas et à reconstruire par nous même, de nombreux retours en arrière. Un livre
où le lecteur doit accepter de perdre tous ses repères et se laisse porter par les mots… tout en s’accrochant très fort. Un véritable challenge pour ceux, qui contrairement à moi, apprécient le
genre.
Auteur d’un « miracle un équilibre » et de l’excellent « Cosmofobia » qui m’avait enchanté, Lucia Etxebarria quitte le monde du roman pour nous revenir avec un manuel du bonheur, pour les couples - hommes-femmes, femmes-femmes, hommes-hommes ou mêmes transexuels. En adepte d’Almodovar, elle n’oublie donc
personne.
Après un petit test pour savoir si ce livre vous est destiné, Lucia Etxebarria nous livre quelques souvenirs d’amour personnels. Elle entre ensuite dans le vif du sujet et s’attaque aux idées
reçues qui contribuent à fragiliser bon nombre d’individus et donc de couples. Elle décortique les sentiments et cherche à rassurer, à rétablir les équilibres. Elle nous parle alors de
dépendance émotionnelle, d’estime de soi avant d’aimer l’autre, de l’addiction à l’amour ou encore du pouvoir de la télévision sur nos modèles. Richement documentée et parfois avec humour elle
parle de sa vision de l’amour… Hasard de l’ordre de mes lectures, alors qu’Erik Orsenna nous défendait l’amour unique, Lucia Etxebarria en dénonce le stéréotype et le mensonge absolu qui nous
sont inculqués dès notre plus jeune âge avec la télévision pour relais moderne.
Mais voilà, dès les résultats du test Lucia m'avait prévenu que ce livre me « serait à peu près aussi utile qu’un téléphone portable avec caméra incorporée ». On ne peut pas dire que je
n’avais pas été prévenu… Les "recettes du bonheur" ont tendance à m'ennuyer. Un livre qui intéressera sûrement mais qui m'a laissé sur le chemin. Et j’attends avec impatience le prochain roman de
Lucia pour reprendre la route avec elle…
Fabrice Neaud met ici en image son
journal intime en plusieurs volumes. Un récit sincère qui dévoile les parties les plus intimes de l’auteur, se mettant à nu sans aucun tabou. Il est peintre et homosexuel dans une petite ville de
province. Figurent alors ses doutes sur un projet de « chemin de croix », ses embûches sentimentales et ses difficultés de vivre une sexualité « hors norme » dans une petite
ville de province. Une situation qui pousse au communautarisme, à la caricature et à l’enfermement. Pourtant Fabrice parvient à faire une rencontre, un soir sur les remparts, au lieu de drague.
Il est immédiatement amoureux de Stéphane, qui refuse de s’engager.
Si les graphismes sont très agréables (noir et blanc) et le texte bien écrit, l’ensemble ne m’a pas convaincu et je ne pense pas lire les autres tomes. Un
récit peut-être trop centré sur l’auteur sans l’impression de prendre de la hauteur. Une simple description. Voici le propre de bon nombre de journaux intimes et la raison pour laquelle je
peux m'ennuyer en les lisant... Je ne peux pas dire que je n’avais pas été prévenu !
"J’écoute avec mon corps"
est un recueil de deux nouvelles écrites par celui qui est présenté comme l’écrivain israélien le plus doué de sa génération. Avec un titre pareil, une couverture aussi sensuelle et des
références aussi impressionnantes, il me tardait de commencer ce livre...
La première histoire qui reprend le titre du recueil, est le récit de la visite que fait une jeune écrivain à sa mère affaiblie par une maladie qui la ronge et la rapproche chaque minute un peu
plus de la mort. Accompagnée de son dernier manuscrit, la jeune fille choisit de le lui lire. Elle trouve là l'occasion de parler, de se mettre à nue face à une mère contre laquelle les
rancoeurs et les incompréhensions se sont accumulées au fil des années. Ce qui est raconté alors c'est un épisode traumatisant pour la jeune fille, où la mère alors professeur de yoga a
accompagné un jeune adolescent dans sa révélation. Un épisode qu’elle a vécu comme une trahison et une déchirure. Ce huis clos permettra à chacune d’accepter l’autre... La maladie de la mère,
l’homosexualité de la fille.
La seconde histoire, « Délire », autre huis clos étouffant, voit un homme se confier à sa belle-sœur le temps d’un trajet en voiture. Il avoue alors sa passion et sa jalousie envers une
femme qu’il soupçonne d’avoir un amant et qu’il veut surprendre. Mais le lecteur est rapidement envahi par le doute et ne sait plus qui trompe qui...
Voilà deux histoires que David Grossman a voulu oppressantes et chargées. Il nous livre sa vision des rapports qui peuvent s’installer entre deux êtres, autour de la passion et de l’amour. Il
joue avec les mots, il décrit la sensualité des corps et nous mène avec lui dans l’exploration des sentiments humains les plus profonds.
Seulement, au final c’est un style exigeant qui nous est imposé. Un style exigeant - c'est mon côté diplomate... - qui plaira peut être à certains, amoureux du genre ou passionné de yoga, mais
qui pour ma part ne m’a laissé qu’une impression de lenteur et d’enlisement. Incapable de rentrer dans ces deux histoires que j'aurai eu du mal à comprendre sans la quatrième de couverture, j’ai
véritablement peiné à les terminer... Mais rassurez-vous, je ne désarme pas et me plonge aussitôt dans un nouveau titre de la littérature israélienne !
Comme l’avait annoncé Cathe, voici le début de ma série de lectures de romans israéliens en
vue de la préparation du salon du Livre - dur métier que le notre vous avouerez. Et mon premier roman est Badenheim 1939 de Aharon Appelfeld.
Badenheim est une petite station thermale autrichienne où la bourgeoisie juive se retourve dès le printemps autour notamment du festival anuel de
musique classique. Les organisateurs, les musiciens, les spectateurs, prennent alors progressivement place dans la petite ville en effervescence. Seulement, on est en 1939, en Autriche, et les
services sanitaires du Reich imposent à tous les juifs de la ville de se faire recenser en vue d’un départ pour la Pologne. Petit à petit, l’ambiance printanière ce couvre et l’atmosphère
s’alourdit dans un contexte politique que certains sous estiment...
Pour ma première entrée dans la littérature israélienne, je touche au sujet le plus rude. La mise en place des premières lois antisémites, la déportation, la
résignation, ... Un sujet dur qui est traité dans ce roman écrit par Appelfeld dans les années 80 et qui montre l’imprégnation progressive de la haine et de l’horreur dans la société. La
galerie de portraits uniquement juifs dessinés par l'auteur montre avec subtilité les débats et les mécanismes qui ont conduit au sein de la société juive à l'une des pages les plus
noires du XXème siècle.
Un livre qui plaira et qui a déjà plu (Cathe, Clarabel), mais qui pour ma part ne m’a pas vraiment touché malgré le sujet. Difficile d’en trouver la cause, le style de
l’auteur très – trop ? – épuré, des personnages qui ne m’ont pas convaincu, ou tout simplement parce que ce n’était pas le bon moment pour le lire... Pour trancher il faudra que je me plonge
dans d’autres romans de cet auteur et que j’aille rendre visite à Cathe...
Vendredi 28 décembre 2007
Tchaï Masala est le récit des voyages qu’a fait Christian Cailleaux en Inde de décembre 2004 à janvier 2005 et en décembre 2006. L’auteur nous entraîne avec lui à travers la
découverte de ce pays et nous livre ses impressions, ses souvenirs, et ses interrogations, parfois avec beaucoup d’humour, sur une culture très éloignée de la sienne. Il nous précise
lui-même que « Tchaï Masala c’est pour partager le goût du thé et quelques impressions, sans ordre ni raison ». C’est effet ce qui ressort de cette lecture. Une vague histoire qui
offre surtout l’occasion de nous transmettre un peu de parfum de l’Inde.
Seulement, après avoir lu cette histoire, il me reste une impression de superficialité, tant il ne s’attarde pas sur les grands moments du récit et ne semble qu’effleurer la culture indienne sans
nous en livrer les clefs. Si la couverture laisse supposer un album aux couleurs vives, l’intérieur est très sobre voir terne, bien loin des réalités du sous-continent. Il est vrai cependant que
ce sont les impressions de l’auteur sur ce pays qui nous sont rendues et non l’Inde elle-même. Une Bd à la limite du carnet de voyage et que j’aurai aimé plus approfondie.
Gilbert Sinoué, comme il le dit lui-même, met « son érudition au service de l’imagination ». Il réécrit ainsi la vie de Jésus à partir d’un évangile qu’il aurait écrit lui-même.
Partant de l’idée que Jésus n’est peut être pas mort sur la croix et s’appuyant sur des hypothèses fondées, Gilbert Sinoué fait revivre – sans mauvais jeu de mots de ma part... – dans son roman
les principaux personnages bibliques. On suit alors dans leurs interrogations face aux événements Pilate, Hérode, Marie ou encore Joseph et tous ceux qui ont gravité autour de
l’élu.
Plusieurs notes explicatives en fin de volume viennent même renforcer les théories de l’auteur donnant un peu plus à réfléchir. La vision n’est pas déplaisante et sans avancer de grandes
révolutions puisqu’il reste dans les grandes lignes des évangiles, elle est intéressante à entendre car à première vue plausible - je ne suis pas théologien cependant...
Seulement voilà... Malgré l’érudition de l’auteur et le travail qu’il y a derrière ces lignes, je n’ai pas pu terminer ce roman. Si je suis bien rentré dans l’histoire dès les premières lignes,
et si l’idée me semblait amusante, j’ai très rapidement décroché et je suis sorti totalement du récit. Trop dans le style biblique sans doute à mon goût la narration m’a semblée manquer de rythme
et m’a parfois ennuyée. Ce livre plaira sans doute aux passionnés de la question, mais pour ma part, je passe mon tour.
Lorsque Xerkès cinéaste grec au
talent vieillissant rejeté par la critique rencontre Sisko, jeune journaliste français travaillant à faire revivre le passé d’un Robin des bois Savoyard du XVIème siècle, il sait qu’il tient là
le moyen de clore son œuvre. Armé de sa seule caméra, il veut « rendre compte du monde » et le relier aux injustices passées. Montrer que « hier se vit aujourd’hui mais
ailleurs », que les résistances à l’oppression continuent sous nos fenêtres fermées.
Xerkès, assisté d'une troupe de trente comédiens, de Sisko et de la jolie Lola, prendra alors tous les risques pour dire ce monde, ne
s'arrêtant jamais de filmer. Basé en Savoie dans la chapelle des Apparences, à Embrun, il emmènera sa troupe de saltimbanques au Darfour où il saisira la mort d’une enfant, ou en Tchétchénie où
il manquera de mourir. La troupe suit mais se fatigue d’une improvisation éprouvante, d’images insoutenables et d’une caméra qui sans cesse pointe l’horreur. Pourtant Xerkès ne veut rien savoir
des drames qui se multiplient autour de lui et s’acharnera à terminer son œuvre.
« La chapelle des Apparences » est un livre marqué sans conteste possible par l’empreinte Pavloff. Dans le style d’abord, épuré et simple,
parfois poétique, il marque le lecteur qui se laisse guidé. Les livres de Pavloff, que je les ai appréciés ou non, m’ont toujours accompagné un peu plus longtemps que les autres.
On y retrouve également l’engagement de l’auteur, dénonçant sans relâche la face sombre de notre monde, massacres, oppressions, injustices, violences. Seulement, et malgré mon enthousiasme à
commencer ce roman – j’avais adoré « le pont de Ran Mositar » -, à aucun moment je n’ai été convaincu par l’œuvre. Il semble y manquer un véritable lien entre les différentes
histoires qui s’entremêlent, sur fond humanitaire et son seul engagement ne suffit pas à faire beau roman. La caricature n’est parfois pas loin, tant il m’a donné l’impression d’en faire
trop.
J’aime sincèrement beaucoup cet auteur, mais pour cette fois je passe mon tour, en attendant le suivant avec impatience.
« In memoriam »
est le récit d’un homme qui trouve en l’écriture l’unique moyen de ne pas tomber définitivement dans la folie. Une folie née de l’amour de Sola, jeune écrivain comme lui mais au véritable succès,
qu’il aimait parce qu’elle était son double, du moins voulait-il le croire. Meurtrie au plus profond d’elle-même, Sola ne s’échappera pourtant pas de son mal et se donnera la mort comme
ultime porte, sans autre explication qu’un dernier roman introuvable. La confession de cet homme blessé par l’amour qu’il a donné en vain, plonge dans le passé de chacun, jusqu’à la rencontre de
son frère, Thomas avec Sola. Un frère qu’il hait pour ce qu’il a été et qui finira par lui voler définitivement son bien le plus précieux. Une chose le hante alors, comprendre...
Linda Lê traite dans ce roman des sujets qui lui sont chers : l’amour, la folie et la mort. Elle entraîne le lecteur dans l’angoisse, l’incompréhension
et la colère du narrateur par un style juste et touchant. Les personnages s’installent dans une histoire étouffante autour du vide que laisse tout suicide et l’on se laisse prendre par cet homme
qui veut se réapproprier la mémoire d’une disparue. Mais me concernant, l’histoire m’a semblée sans rythme, voire longuette et l’ensemble servit par une écriture parfois tapageuse. Un roman
exigeant qui plaira sans doute mais qui me laisse personnellement sur ma faim (fin...).
Un tueur en série sévit dans
Philadelphie. Sa spécialité à lui ? Rejouer les scènes des meurtres des plus grands films du cinéma devant les caméras, mais cette fois en une seule prise... et pour de vrai ! Les
inspecteurs Byrne et Balzano vont alors mener l’enquête et nous entraîner de rebondissements en fausses pistes vers ce tueur que l’on perce progressivement par l’intermédiaire de passages écrits
à la première personne.
Au final, un thriller efficace aux multiples personnages (trop ?) qui enchantera peut être les
cinéphiles et qui accroche assez rapidement mais sans grande originalité dans son style. Un de plus qui pourrait être porté sur grand écran et qui rencontrerait sans doute le succès. "Un de plus"
en fait est un bon résumé... Pour ma part rien de bien neuf, mais un bon moment de passé tout de même, sans emballement aucun ;-)
Pour celles et ceux qui souhaiteraient à tout prix découvrir cet auteur il semblerait que son précédent roman, « Déviances » soit nettement
meilleur.
Peut-on parler des livres que l’on n’a pas lus ? Il parait que oui... Rassurez-vous je ne me lancerai pas dans cet exercice périlleux ! Je tenais cependant à faire cet article sur
« Animals » de Keith Ridgway, présenté comme l’un des plus grands auteurs irlandais contemporains. Né en 1966, il a même reçu le prix Femina étranger avec son premier roman
« Mauvaise pente » (2001). Sans doute un auteur incontournable de notre paysage littéraire...
Seulement voilà, moi je n’ai pas pu. A aucun moment je ne suis rentré dans l’histoire et chaque page tournée figurait l’un des 21 virages de l’Alpe-d’Huez.
Même avec quelques produits illicites je n’étais pas certain d’en venir à bout ! Et comme la pugnacité ne semble plus payer en ces temps électoraux, j’ai préféré jeter l’éponge à la cinquantième
page.
L’histoire ? Un jeune illustrateur de bandes dessinées découvre en marchant une souris morte dans le caniveau. Elle le fascine sur le champ et il décide
de mesurer sa raideur cadavérique au moyen de son stylo qui, contaminé, devra être jeté. Pour immortaliser l’instant, il décide de la photographier et de continuer sa journée sans en dire mot à
personne. Plusieurs événements viendront ainsi rythmer sa journée, et l’étrange s’installera autour de lui par de petits détails sans conséquence... au début... Un cauchemar à la limite du
réel.
Ce roman est présenté comme pouvant être rangé au côté du Horla de Maupassant. J’ai adoré le Horla, mais impossible de terminer celui là où finalement
l’ennui a eu raison de ma lecture. Un auteur incontournable, une histoire « dense et ample », un livre qui deviendra culte d’ici peu... je me demande si l’éditeur ne s’est pas un
peu emballé dans sa quatrième de couverture.
Lorsque Llewelyn Moss, ancien du Vietnam, décide d’aller se balader avec son fusil, à la frontière entre le Texas et le Mexique, il est très loin de s’imaginer ce que le hasard lui réserve : deux 4X4 criblés de balles, 4 cadavres autour, un homme agonisant, des armes encore brûlantes, de l’héroïne dans le coffre et surtout deux millions de dollars... Il prend l’argent, mais sait que sa vie va en être bouleversée. Il ignore juste la force de l’ouragan qu’il vient de déclencher...
Dans ce roman policier ultra sanglant où les morts pourrissent au soleil et la boîte crânienne a tendance à s’étaler sur les murs, tout est rassemblé pour faire un classique du genre à l’américaine : tueur à gage, shérif rusé, cavale meurtrière, règlement de compte en pleine ville, femme amoureuse et éplorée, souvenirs du Vietnam, ...
Un roman présenté comme le reflet d’une société qui se livre une guerre à elle-même et qui plaira sans doute aux amoureux du genre. Mais qui pour ma part ne m’a rien offert de véritablement transcendant et original.
Nirmal Verma, né en 1929 et décédé en 2005, est présenté comme « l’un des plus grands écrivains de langue hindi », engagé, membre du parti communiste et refusant obstinément d’écrire en anglais. Il publie ce roman, « un bonheur en lambeaux » en 1979 et nous plonge à travers le regard du jeune Munnu dans le Dehli des années soixante-dix.
Le jeune garçon de 13 ans qui a très souvent "la fièvre" et qui a grandi sur les bords du Gange, est recueilli pour quelques mois par sa cousine Bitti, comédienne. C’est à travers les relations qu’elle entretient avec ses amis acteurs aimant refaire le monde que Munnu va découvrir le jeu des sentiments, les ombres de chacun, les maux de l’âme et la complexité des relations. Par le regard de l’enfant c’est ensuite à nous de découvrir la société indienne et les classes moyennes de ces années-là où l’Angleterre semble encore peser lourdement sur ceux qui l’ont approchée. Ce long monologue sans véritable intrigue et qui alterne les 3ème et 1ère personnes du singulier comme pour mieux nous dompter, est en fait la relecture par Munnu de son journal quelques années plus tard.
Ce livre d’essence poétique, aux phrases envoûtantes, offre de beaux passages à lire et relire. Alors peut être suis-je passé à côté de cette œuvre apparemment majeure, mais la lenteur qui en découle m’a empêché de pénétrer l’histoire. Pour être honnête et au risque de faire hurler les connaisseurs, je me suis même ennuyé et il a fallu vraiment lutter pour le terminer... Mais j’aurai lu du Verma et fait plaisir à Cathe ;-))
J’entends déjà les mauvaises langues : « Voyons Laurent, ce n’est quand même pas par hasard que tu as choisi ce livre ? »... Sans parler du regard de ma voisine de table au café, lorsqu’elle a découvert le titre et que ses yeux ont traduit comme « JE suis un pauvre type... ». Vous l'aurez compris, il faut un certain courage pour s'afficher avec !
Bref... Antoine Blin à la vie plutôt ordinaire pour ne pas dire monotone, voit débarquer dans son petit appartement André Denner qui froidement, et non sans un certain enthousiasme, lui fait remarquer qu’il voit en lui un « pauvre type ». Son absence de réaction, face à l’insulte qui lui est faite à son propre domicile, est en soi un signe d’adhésion à la médiocrité. Il peut fièrement faire partie du « syndicat des pauvres types », organisation co-fondée par le susnommé Denner. Antoine Blin hésite, mais montent en lui les premiers émois de la libération, la fin de l’exploitation, le début de la révolte, la poussée d’une ère nouvelle... Mais qu'est donc ce "SPT" ? Une secte ? Une farce ? Une arnaque ?
Voilà. Difficile de parler de ce livre sans en livrer davantage sur l’intrigue. Pour ma part, j’ai eu du mal à rentrer dans cette histoire dont j’avoue avoir attendu plus d’humour et/ou de profondeur. Mais je suis resté plutôt perplexe face à une critique aux grosses ficelles d’une société de consommation où les gens ordinaires sont méprisés et où la télé-réalité est omniprésente. L’union n’y fait pas toujours la force et la déchéance guette. Je suis resté en retrait et sur ma fin, un peu déçu aussi par la chute.
Mais ce livre a au moins le mérite d’être original. A vous de voir... mais la maison ne rembourse pas !
Une femme a disparu... Enfuie ? Enlevée ? Décédée ?... Un inspecteur mène donc l’enquête auprès de son entourage comme il est d’usage. Il interroge son mari, sa mère, sa sœur, sa buraliste, sa collègue, sa boulangère, son amie, son voisin... Et elle en connaît du monde. Le roman est le recueil de ces témoignages successifs qui livrent leur vision de cette femme et leur raison de son départ. Mais, qui est-elle au fond et où est sa vraie personnalité ?
Ce petit roman original pose la question de l’image que l’on donne de nous et de celle qui est reçue par les autres. Plaisant mais sans enthousiasme de ma part. Et en plus sa couverture ne donne rien sur mon fond blanc ;-)
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