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Dimanche 15 novembre 2009

Martial et Odette, comme tous bons retraités qui se respectent, ont décidé de s'installer dans le sud de la France. Un joli pavillon, entouré d'autres pavillons, entourés d'un mur de protection, protégé par des caméras, protégés par un vigile... Si bien protégés que dans toute la résidence, « Les Conviviales », ils sont pour l'instant les seuls. Désespérément seuls...Mais, cela va changer, puisque dans quelques jours, deux autres maisons devraient être occupées. L'une par un couple séduisants et séducteurs et l'autre par une femme seule... Sûrement veuve... Oui sûrement. Le gardien et l'animatrice du club house qui ouvrira pour l'occasion vont venir remuer tout ça !

 

Une fois de plus Pascal Garnier m'a offert un vrai bon moment de lecture. Tout est là dans ce roman : humour noir, oeil aiguisé sur mes contemporains, critique acerbe d'une société, … J'aime décidément l'univers dessiné par l'auteur... Encore, encore !

 

Et si vous ne me faites pas confiance lisez par ici :

 

La fan attitude de Baratin (dans ma médiathèque il y en a plus ;)

L'envoutement des Moissons noires

Cathe la conquise

L'Hyseria Lane de ICB

 

Je continue ???

 

Merci à Elvira pour ce cadeau et la découverte de l'auteur !

Par Laurent
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Jeudi 22 octobre 2009

                          
Il est certains romans dont il n'est pas évident de parler tant ils bousculent... « Et que le vaste monde poursuive sa course folle» est de ceux-là... Il se résume pourtant en quelques mots.

New-York, au milieu des années 1970, un homme se lance dans un exploit aussi inconscient que poétique : traverser les Twin Towers, clandestinement, sur un fil. Pendant ce temps, dans les bas fonds de New-York, un prêtre ouvrier irlandais tente de sauver une troupe de prostituées, une mère qui a perdu son fils au Vietnam essaie d'intégrer un groupe qui la rejette de par son origine sociale, ou encore une prostituée crie son désespoir de voir ces proches brisées… Autant d'histoires qui se croisent et se décroisent, se percutent quelques fois, dans une Amérique obscures et terriblement sombre, rongée par la misère humaine et le désespoir.

 

McCann nous montre la face noire de la ville et survole cette période de bouleversements. Il nous prend la main pour nous conduire vers les âmes les plus délaissées de la société américaine. L'auteur prend le pouls d'une société au bord de l'implosion. Heureusement, le récit de l'aventure de Philippe Petit vient offrir au lecteur la poésie indispensable qui lui permet de traverser sans faillir ce roman écartelé entre déchéance et espoir. L'écriture est splendide, les descriptions vertigineuses... Un roman duquel on ne sort pas indemne...

 

Magnifique !

Par Laurent
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Jeudi 24 septembre 2009

Il commence ses études en Sorbonne dans les années 80 et par le jeu de l’alphabet rencontre Ava. Jeune, belle, elle tient ses promesses et se lie rapidement à lui, à ses aventures journalistiques et poétiques, à ses rencontres. Ils s’apprivoisent, se découvrent, s’aiment d’amour, ne s’aiment plus, s’aiment d’amitié, ou d’amour, encore, peut-être. Mais un beau jour tout s'étiole, puis tout s’arrête.

 

Jean-Marc Parisis nous parle avec beauté d’une relation pure entre un homme et une femme qui se sont trouvés. Ava était sans conteste la femme de sa vie. Il a tout partagé avec elle, s’est offert, puis a perdu. La vie nous joue parfois des tours... Il est des rencontres qui vous changent et puis une question reste « comment se fait-il qu’il pût y avoir quelque chose puis plus rien ? »...

 

Ce roman pudique et tellement juste est un éloge à l’amour, à l’insouciance des années estudiantines aux « moquettes chauves », aux relations qui s’étalent sur la vie, qui parfois s’émiettent mais qui gardent leur essence en vous.

 

Difficile d’évoquer longuement ce très beau roman si charmant aux réflexions fortes. Il ne vous reste plus qu’à vous plonger dans un roman qui restera quelques temps dans vos pensées.

Par Laurent
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Lundi 14 septembre 2009

A 17 ans, Laura décide de quitter le lycée dans sa dernière année, pour partir en Allemagne comme jeune fille au pair. Prête à perdre pied dans sa vie, elle choisit l’exil sans savoir où cela la conduira. La perte d’un proche, un environnement familial confus, un avenir incertain, autant de raisons de voir dans ce départ la nécessité absolue de respirer.

Arrivée dans sa nouvelle famille elle découvre la difficulté de se sentir étrangère, bloquée par la langue et de partager le quotidien avec des inconnus. Les Bergen font cependant tout pour la mettre à l’aise, l’intégrer à leur vie au risque, cette fois encore, de l’étouffer.

Brigitte Giraud offre dans ce roman huis clos, une merveilleuse réflexion terriblement juste sur des thèmes aussi forts que la barrière de la langue, la difficulté de pénétrer une autre culture, de partager l'intime avec des étrangers et les méfaits du passé. L’Allemand que Laura tente d’apprivoiser la tient à distance, l’oblige à des pensées simples et simplistes, la protégeant dans un premier temps avant de l’enfermer sournoisement. La jeune adolescente découvre également une culture différente de la sienne malgré des frontières communes. Un peuple proche dont elle découvre les subtilités. Laura, entre enfance et adulte, pense pouvoir conserver une intimité, mais la promiscuité et les tâches pour lesquelles elle a été embauchée, l’obligent à partager, à se mêler de ce qui ne devrait pas la regarder. Enfin, devenant adulte, elle apprend que l’on n’échappe pas à son passé et que malgré les différences culturelles, les familles se ressemblent toute un peu dans leur complexité et leurs héritages. Rien ne sert de fuir son histoire, il faut apprendre à vivre avec.

Un roman magnifique au rythme lent et sans vague, où l’on partage l’expérience et les pensées d’une adolescente, en mal de construction, sans jamais s’ennuyer. Une année étrangère qui permettra à Laura de grandir. Une oeuvre remarquable.

Par Laurent
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Mardi 1 septembre 2009

Et c'est parti pour le rentrée littéraire 2009... Evènement que nous préparons notamment avec Cathe ! Et oui j'ai beaucoup de chance :)

Bichot le Parisien, la soixantaine passée, rejoint régulièrement le reste de sa troupe de célibataires endurcis près d'Arcachon. Talbeau, l'avocat d'affaire grand financier de la tribu, Valentine voisine de Bichot et mère de substitution, et Luca le photographe de charme pour bourgeoise encanaillées l'y attendent régulièrement autour des 4 enfants de leurs amis disparus dans un accident d'avion à la fin des années 1990 et dont ils ont la charge. Faisant bloc autour des enfants, cette troupe d'amis aiment se réunir. Une troupe malicieuse marquée, tout au long de leur vie par des objets qu'ils vont se mettre à rechercher : un lit d'enfant qui devait être offert à Valentine par son père, mais que la guerre a envoyé en Suisse chez une cousine éloignée et inconnue ; une épée enterrée dans la Sahara, en présence de Bichot, quarante ans plus tôt par Julien l'ami décédé et qu'Armand son fils veut retrouver ; ou encore la selle d'un cavalier Indien pendant la dernière guerre...

 

Autant d'aventures que Bichot, notre guide, sera contraint de vivre et de revivre, lui qui finira par aller jusqu'au Japon pour retrouver un pin et un amour perdu.

 

« Le rêve entouré d'eau » nous est donc conté par Bichot, personnage attachant, au regard discret et amusé, aux amours passionnées et malheureuses. Le lecteur le suit dans cette odyssée rayonnante, où l'amitié tient le premier rôle. Un très beau roman de Bernard Chapuis, plein d'humour et de tendresse, profond et fort sur l'amitié et les relations humaines dans l'esprit le plus large. Une petite perle de lecture !

 

Par Laurent
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Lundi 25 mai 2009

Comme promis par ici, je retourne à cet auteur dont le style ne m’avait pas laissé indifférent… En allant dans ma librairie, j’ai pris le premier trouvé : le vampire de Ropraz.

Février 1903. Haut-Jora vaudois. Rosa Gillièron, la très belle fille du juge, vient de mourir d’une méningite, à 20 ans. L’enterrement passé, en pleine nuit de neige, la tombe est profanée. Le corps est découpé, violé, démembré et dévoré… Un crime qui dans cette Suisse du début du siècle précédent encore imprégnée des croyances et de superstitions, permet aux rumeurs les plus folles de se développer dans la population locale. L’horreur ne s’arrête pas là : trois autres tombes sont profanées, avec le même rituel. C’est un article dans un journal local qui franchit le pas : le vampire de Ropraz est en liberté… jusqu’à l’arrestation d’un homme qui comme partout ailleurs sera un coupable idéal.

Comme dans « Un Juif pour l’exemple », Jacques Chessex part d’un fait divers pour construire son roman. Dans ces écrits froids, il y dénonce les superstitions, les rumeurs dévastatrices, les dénonciations calomnieuses, et la haine de la différence. L’auteur nous conduit donc dans cette affaire qui a bouleversé la Suisse et eut même un retentissement hors des frontières. La fin qu’il nous réserve provoque, et laisse planer le doute. Une écriture encore marquante et un roman toujours trop court. J’aurai voulu une fin plus étoffée, mais elle arrive comme un couperet lancé par l’auteur qui cherche à nous surprendre. Ce livre a parfois déçu, mais je pense que les lecteurs n’y ont pas trouvé ce qu’ils pensaient trouver. Le personnage principal n’est pas celui que l’on croit : le vampire est secondaire et se laisse coiffer par la la partie la plus sombre de l'âme humaine. Point de véritable vampire, point d’enquête haletante… La froideur des descriptions nous fait garder cette distance face au crime, mais réfléchir sur les côtés les plus noirs de l’Homme. Effet réussi. Je continuerai donc l’aventure Chessex sans hésitation, tant son style est épuré, fort et incisif. Et sur ce point tout le monde semble d’accord. Même si l’histoire ne convainc pas, le style s'impose.

Attention, quelques critiques sur la blogosphère dévoilent la fin de l’histoire… Dommage et inutile.

Par Laurent
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Lundi 11 mai 2009

Après la lecture de « Derniers rappels », plusieurs d’entres vous m’avaient conseillé d’aller voir du côté de « De mal en pis ». Et donc voilà !

 

J’ai donc lu sans aucun doute la plus grosse BD de ma vie… 602 pages noir et blanc dans lequel j’ai retrouvé avec plaisir l’univers de Robinson. « De mal en pis » est le récit de 6 jeunes New-Yorkais entrant avec difficulté dans la vie d’adulte : Sherman veut être écrivain et survit grâce à son emploi dans une grande librairie qu’il déteste ; Dorothy est journaliste et qui malgré les apparences n’est pas une mauvaise fille ; Ed veut percer dans la BD, perdre son pucelage et venger Irving Flavor ; Stephen prof d’histoire cherche à écrire une énième biographie de Théodore Roosevelt ; Jane aime Stephen et déteste Dorothy ; et enfin Hildy fera sa place à la fin de cette histoire… Autant de tranches de vies qui nous font rencontrer des personnages aussi complexes que réels et nous dressent un portrait fort de ces « vingtenaires », adulescents à la découverte du monde.

 

Alex Robinson parvient à dessiner avec originalité le portrait de personnages pas toujours sympathiques mais très attachants. Se concentrant sur un âge où l’on se construit, un passage où l’on délaisse une enfance protégée ou à vif pour la maturité et les responsabilités. Un âge où les choix ont leur conséquence et laissent transparaître les premiers actes manqués, les coups de pouce, ou les premières vraies trahisons. Un roman graphique fleuve remarquable entre angoisses, humour et larmes. Une réflexion sur la vie en général, l’amitié, l’amour, l’engagement, les désillusions, le monde des premiers Comics. Et pour évoquer tout cela, 602 pages c’est encore trop court, même si certains y ont trouvé quelques longueurs. Mais la vie n’a-t-elle pas aussi ses petites longueurs ? Une œuvre plus profonde qu’il n’y parait et qui marque…

En 2006, un "bonus !" est paru autour d'épisodes supprimés, car mal jugés par Robinson... J'irai sans doute y jeter un coup d'oeil.

Par Laurent
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Lundi 30 mars 2009

Payerne, Suisse, 1942. Petit village rural dans un pays éloigné de la guerre, mais pas épargné. Ici comme ailleurs, l’économie est touchée par le conflit mondial, le chômage gagne du terrain. Rapidement, il faut trouver un coupable. Celui qui vole le travail des nationaux, qui s’enrichie sur le dos des plus pauvres, qui profite… et ici comme ailleurs les coupables sont trouvés, les Juifs. Les ligues se constituent, les relents nationalistes attirent et attisent les haines. Le pasteur Philippe Lugrin de la Ligue Vaudoise sait frapper quand il le faut pour convaincre Fernand Ischi de constituer une équipe (Robert et Max Marmier, Fritz Joss et Georges Balotte) afin de faire un exemple… Arthur Bloch, marchands de bestiaux sera ce juif pour l’exemple…

De cette affaire sordide vécue par l’auteur dans sa jeunesse, Jacques Chessex offre un très court roman, à la limite de la reconstitution judiciaire, sur ce crime horrible mais aussi sur la montée du nazisme dans son pays, sur la haine sous-jacente, sur le côté le plus sombre de l’homme, sur la relation avec Dieu… Un très beau style sert cette histoire qui semble avoir beaucoup hanté l’auteur, par sa portée et les questions qu’elle met à jour.

Un roman trop court qui m’a laissé sur ma fin et de nombreuses questions dans les poches. Les réponses sont sans doute à chercher du côté des précédents romans de Jacques Chessex… Et une chose est certaine, je vais aller y faire un tour très rapidement !

Par Laurent
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Jeudi 19 mars 2009

Je vous l’avais dit, après avoir lu la bande dessinée - commentaire par ici - il me tardait de découvrir le film. A peine la BD refermée,les filles sont arrivées pour exaucer mon vœu ! Merci à elles ;)

J’ai donc pu me plonger dans le meilleur film étranger selon ce cher César.  J’ai d’abord été un peu déstabilisé par la mise en mouvement d’une BD que j’ai adoré. Le mouvement des personnages n’est pas fluide, les voix sont monocordes, l’histoire se déroule lentement. Mais le temps de retrouver mes marques, l’atmosphère m’a conquis. Les couleurs, jeux de lumières, flash back et surtout les images d’archives à la toute fin du film, tout concourt à nous replonger dans l’horreur d’un massacre oublié. L’histoire se reconstitue progressivement sous nos yeux remettant à jour les traumatismes de chacun.

La musique et plus généralement les sons, absents bien évidemment de la BD, viennent rythmer et renforcer les moments forts du récit. Les deux supports sont bien complémentaires, mais je suis content de les avoir découverts dans ce sens.

Un très beau film accompagné par plusieurs compléments : scène coupée, archives, éclaircissements, etc…

Un vrai bon moment de cinéma !

Merci encore aux filles ;)

Par Laurent
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Lundi 16 mars 2009

« Des raisons, on peut toujours en trouver. Des bonnes ou des mauvaises. En pagaille. Mais c’est pas mon boulot. Il y a des spécialistes pour ça. »

C’est par ces quelques mots que débute le récit du jeune homme qui vient de commettre un massacre, le jour du mariage de son frère, à Mortagne, petit village d'à peine plus de 1.000 habitants où il faut choisir entre le bois et les vignes. Cinq morts, deux personnes dans un état grave et un blessé léger… C’est le bilan de la fusillade.

Voilà. Impossible d’en dévoiler plus, et pourtant ça me démange ! Alfred, dont j’avais adoré le « Pourquoi j’ai tué Pierre », sur la pédophilie, revient avec une bande dessinée aussi dure que son précédent thème. D’après le roman de Guillaume Guéraud, l’illustrateur met en image une histoire forte ou tout manichéisme est prié de rester à la porte. Tout commence par la fin avec l’arrestation du tueur et le reste n’est que retour en arrière, sans jamais nous perdre. « Je mourrai pas gibier » avait été publié en 2006 au Rouergue dans la collection « DoAdo noir ». Il ne s’agit pas d’excuser le meurtrier, peut être de le comprendre. Savoir pourquoi et comment une vie peut basculer dans la folie… « Et des raisons, on peut toujours en trouver ».

Une histoire violente toute en nuance, servie par des dessins aux expressions saisissantes… Je l'aurai juste préférée un peu plus longue afin de s'imprégner davantage de la psychologie du personnage et de mieux s'immerger dans le récit.

Mais pas loin du sans faute ! Pas loin du tout...

Par Laurent
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Jeudi 12 mars 2009

Avec « En inquiétante compagnie », on retrouve Carlos Fuentes dans un domaine littéraire dans lequel il excelle : la nouvelle. Un recueil de six histoires courtes qui porte bien son nom. L’auteur mexicain le plus connu met en scène des personnages de la vie courante qui à un moment bascule dans l’étrange, à moins que ce ne soit l’inverse. A chaque nouvelle, la réalité s’efface progressivement pour laisser place à un monde angoissant, où les grandes peurs ressurgissent.

Ainsi Lorenzo O’Shea Mexicain immigré à Londres, amoureux de théâtre et épris de sa voisine jusqu’à la folie… Ou encore Alejandro de la Guardia, d’une grande famille mexicaine, immigrée en France et ruinée. Sa mère vient de rendre l’âme et lui conseille de retourner dans le pays de ses origines rejoindre ses deux tantes, sans enfant, à l’héritage intéressant. Un retour aux sources cerné de mystères et qui lui apprendra bien plus qu’il ne l’imaginait sur son existence…

Une vraie réussite pour ces nouvelles qui nous mènent par le bout du nez… Comme j’aime !

Par Laurent
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Jeudi 26 février 2009

Tanigushi et Kusumi évoquent dans ce recueil d’histoires mises en bande dessinée un thème qui m’est cher... La pomenade. Ce délicieux moment où après un rendez-vous, une soirée, un incident, on décide de rentrer à pied, brisant ainsi la monotonie du transport ordinaire en vélo, en métro, en train ou en voiture. C’est le moment où l’on découvre un lieu inattendu et magique ou encore où l’on redécouvre un lieu passé, oublié et transformé. Toutes ces histoires font appel à la nostalgie d’époques où l’on savait se garder du temps pour trainer, penser, se retrouver avec soi même.

 

Grâce aux dessins noir et blanc remarquables de détails de Tanigushi et aux courtes histoires de Kusumi, on se laisse entrainer dans ces promenades et porter par les réflexions sur notre temps. Une très jolie bande dessinée à la philosophie zen...

Par Laurent
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Jeudi 19 février 2009

François Merlot journaliste français veut publier un premier livre sur les grandes chansons qui ont marqué notre époque. My way, Besame Mucho et Happy Living (invention ?), l’une des trois chansons les plus jouées dans le monde. Lors de son entrevue avec H. G. Slatters, compositeur et interprète de ce succès, celui-ci lui apprend qu’il n’a pas écrit une seule note de la musique. Lors d’une soirée dans les années 50 un batteur plutôt doué, dénommé Treviso, se met au piano et compose la mélodie que Slatters va voler. Treviso que ses surdoses répétées d’alcool rendent amnésique, laissera échapper la gloire et l’argent. Slatters accepte de se confier à Merlot à la condition qu’il retrouve Treviso ou ses descendants pour soulager sa conscience. En prime il veut leur offrir sa fortune.

Tenant là un véritable scoop, François Merlot, de New York à Los Angeles en passant par San Fransisco fait tout pour retrouver ce musicien de génie oublié de tous... Mais le journaliste n’est pas au bout de ses surprises !

Jean-Claude Göttling – mais siiiiiiiii vous le connaissez c'est lui l'auteur des couvertures des Harry Potter – nous offre une bande dessinée remarquable dont l’univers graphique noir et blanc est vraiment agréable. Les textes courts, chargés d’une pointe d’humour, rajoutent un peu plus à l'atmosphère envoûtante et au petit bonheur de suivre le journaliste dans son enquête. Alors que l’histoire se déroule de nos jours, les planches font renaître l’Amérique des années 50 pour nous plonger un peu plus dans l’ambiance jazz, comme un voyage initiatique.  Une vraie bonne bande dessinée, comme je les aime, à déguster au coin du feu !

Par Laurent
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Lundi 16 février 2009

Un pas de plus dans la littérature mexicaine… Mais cette fois c’est à travers l’œil d’un espagnol exilé pendant près de 20 ans là bas et six nouvelles que j’ai avancé mon travail ;)

 

Avec « Ici, repose Navares », Pere Calders publié aux Allusifs (décidément pas moyen d'être déçu avec eux !), nous offre des nouvelles souvent très drôles sur ce pays. Dans la première, qui donne le titre au recueil, nous suivons Lalo Navares marié avec Lupe et vivant dans une maison faite de bouts de carton au cœur d’un bidonville. Mais le temps peu clément rend les conditions de vie insupportables et les maladies commencent à se développer. Lalo lorgne de plus en plus sur le cimetière et propose de s’installer dans ce lieu de repos avec ses camarades d’infortune. Les nombreuses chapelles leur offriraient quatre murs solides et un toit. Les inondations noient le bidonville et il n’y a pas d’autre solution que de côtoyer les maisons des morts. Rapidement la vie s’installe et avec, les premiers petits tracas…

 

Les autres nouvelles évoquent un révolté qui n’hésite pas à défier toute autorité, même celle de la mort, d’une veillée funèbre qui finit en beuverie, d’une madone sur une ardoise à un passage à niveau… Autant de courtes histoires qui ne manqueront pas de déclencher quelques sourires !

 

Un auteur catalan mort en 1994 et qui de là où il est doit encore bien rigoler pour le plus grand plaisir de ses petits camarades...

Par Laurent
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Jeudi 12 février 2009

Ray Beam est LA rockstar... Mais depuis son dernier album il y a déjà quelques années, Ray est à sec. Plus aucune inspiration et le monde qu'il s'est construit comme forteresse n'arrange rien. Les caprices de star, les angoisses, les dopants l'enferment un peu plus dans un univers vide. Mais la rencontre avec Lily lui redonne goût à la création et le remet sur les rails. Au plus grand bonheur de ses fans...


Une histoire qui paraît bien simple à résumer et qui pourtant est beaucoup plus complexe. Derniers rappels met en scène six personnages, Ray la rockstar, Lily l'intérimaire de la maison de disque, Nick un faussaire des autographes, Phoebe à la recherche de son père, Steve un informaticien perturbé, et Caprice une serveuse attachante. Ces six là n'ont rien de véritablement en commun et pourtant tandis que l'angoisse monte progressivement, on se doute que le hasard les conduira à une rencontre inéluctable.


Des dessins noir et blanc agréables et un scénario « puzzle » bien conçu sont les clefs de la réussite de cette bande dessinée. Il nous tarde dès le début de découvrir comment les personnages vont se rencontrer et surtout... à quel prix. Malgré une fin bien conçu, j'avoue avoir légèrement été déçu. D'après mes échos, « De mal en pis » était remarquable... sans doute l'un de mes prochains rendez-vous !

Par Laurent
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Lundi 9 février 2009

Lulu, la quarantaine, mariée à un homme lourdeau se met à la recherche d'un travail après quelques années d'interruption consacrées à ses trois enfants. Seulement reprendre après seize années sur la touche ce n'est pas si simple. De refus en refus, surgissent les questions essentielles : qu'a-t-elle fait de sa vie ? Qu'attend elle à présent ? Un entretien au bord de la mer et une ou deux rencontres vont la placer devant un miroir et la pousser à prendre en main cette vie, qu'elle a tant laisser filer, ... Ses amis les plus proches cherchent à comprendre le pourquoi de tout ça, avec le peu d'informations qu'elle a bien voulu leur offrir.


Pour mon premier Davodeau, je ne suis vraiment pas déçu. Un album plein de charme, au scénario impeccable, et à l'atmosphère envoutante. La légèreté du ton, l'insouciance de Lulu, l'ambiance "Hors-saison" qui se dégage, sont autant d'éléments qui viennent tempèrer la tristesse qui habite le personnage et qui nous met mal à l'aise. L'humour ne manque pas non plus et le sujet nous interpelle tous plus ou moins. Une vraie perle de lecture, même s'il faut attendre le tome suivant pour comprendre le fin mot de l'histoire... J'ai toujours autant de mal avec les séries, mais dans ce cas précis je saurais attendre un peu... !

Pour en savoir un peu plus sur le second tome avant tout le monde :
http://lulufemmenue.blogspot.com/

Par Laurent
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Jeudi 29 janvier 2009

Ari Folman et David Polonsky ont choisi d'adapter leur film « Valse avec Bachir » en livre. Ils y ont consacré près d'une année de travail afin de réussir à construire les ponts indispensables pour passer d'un genre à l'autre. Car, comme l'explique David Polonsky dans un entretien publié à la fin de l'oeuvre, loin d'être des genres identiques, cinéma et bande dessinée s'opposent et le passage de l'un à l'autre n'est pas simple formalité technique. N'ayant pas encore vu le film, il me tardait de découvrir ce roman graphique, aux illustrations saisissantes et tellement réalistes.


Je n'ai absolument pas été déçu. Avec intelligence et réalisme, l'histoire se dessine progressivement dans un scénario remarquablement conçu. Le jeune appelé Folman était présent lors des massacres de Sabra et Chatila, au Liban en 1982. Mais sa mémoire s'est chargée d'effacer cette période noire. Et 25 ans plus tard, Folman ne se souvient plus de rien... Or, en soutenant l'un de ses amis que le traumatisme de la guerre hante, des bribes de souvenirs réapparaissent. Mais ce n'est qu'une pièce du puzzle. Il veut alors comprendre pourquoi un voile s'est posé sur son passé. Il mène son enquête et entre temps présent et passé, l'histoire se dessine, sans jamais nous perdre. Témoin de l'un des massacres les plus terribles du XXème siècle, Folman nous confie sa mémoire, pour l'Histoire et contre l'oubli. Remarquable !


J'ai hâte désormais de découvrir le film !

Par Laurent
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Jeudi 15 janvier 2009

Denis Podalydès, pensionnaire de la Comédie française, dresse dans « Voix Off » un portrait de lui, entre souvenirs, anecdotes et pensées.  Dans un style remarquable, il nous conduit, porté par les voix les plus intimes, dans les coulisses de son enfance, de son métier, ou encore de sa famille et de ses amours. Nous entendons, sortir des pages, les voix de ses frères, de sa grand-mère près de Versailles, mais aussi de personnages publics comme Pierre Mendès-France, Jacques Weber ou encore Charles Denner.

Sa voix à lui, il s’en sert évidemment, sur scène ou devant une caméra, mais également en studio pour enregistrer des heures durant les romans de la littérature qu’il affectionne. Une littérature qu’il a découverte et aimée dans les bibliothèques, grâce à ses rencontres et ses amis.

Ce livre nous guide au son des voix, au gré des pensées du comédien. L’amour des autres et la passion de son métier  y sont présents à chaque page. Impossible de ne pas succomber au vrai charme d’un livre qui nous invite à la découverte de l’univers des arts. Denis Podalydès réussit à parler de voix, à les figurer, à les faire vivre, uniquement avec des mots. Mais, ne boudons pas notre plaisir lorsqu’il nous propose d’entendre quelques unes de ces voix dans le CD disposé à la fin du livre.

Une nouvelle fois la collection « Traits et Portraits », après « Ce jour-là » de Willy Ronis, m’offre un moment de lecture inoubliable. Une collection pleine de charme à découvrir, conseiller et offrir.

Ce livre a remporté le Prix Femina 2008 – Essai.

Les hasards de la vie ont fait qu’au moment où je lisais ce livre je suis allé voir « Cyrano de Bergerac » à la Comédie Française, pièce mise en scène par Denis Podalydès. Un moment magnifique que je conseille à tous ceux qui ont la possibilité de se rendre à Paris. Les décors superbes, les accessoires dignes des contes, les excellents acteurs, les clins d’œil discrets, sont autant d’éléments qui vous feront passer un moment inoubliable !

Par Laurent
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Lundi 29 décembre 2008

Louis est écrivain avec une idée géniale pour son nouveau roman. Un homme qui assassinerait les parents de ses amis dans le besoin, pour qu'ils héritent et augmentent leur pouvoir d'achat ! Briser l'injustice qui produit des parents riches et des enfants dans le besoin ! Son éditrice lui demande aimablement de ne pas s'écarter de la littérature jeunesse, ce à quoi il s'empresse de répondre que justement il est en plein dedans... Il y a une morale, le héros va mourir à la fin par là où il a pêché...


Son éditrice cède, lui verse une avance et pour favoriser la création, il part s'isoler dans la maison d'un ami en Normandie. Mais sa belle fille, son ami, ses voisins âgés, sa compagne le retrouvent.  Le monde le rattrape, un monde en ébullition, où la frontière qui sépare l'auteur de son personnage s'amincit dangereusement...


Entre fiction et réalité, Pascal Garnier nous pousse dans une histoire aux vies chaotiques, immorale et brise la bonne pensée. Un roman dans le droite ligne de « La théorie du Panda », mais à mon humble avis un cran au dessus, drôle, noir, plus profond qu'on ne le pense... Un régal pendant les fêtes de Noël !

Merci Elvira :)

Par Laurent
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Lundi 1 décembre 2008

La préface d'Anne Nivat, grand reporter qui a couvert plusieurs fois le conflit en Tchétchénie, donne le ton. « Nous n'avons plus d'images de Tchétchénie » et comme elle le déclara sur CNN : « No CNN, no war » (pas de CNN, pas de guerre). Tamada (scénariste) et Rash (co-scénariste et dessinateur) nous guident dans cette région en plein chaos, en juillet 2000. La région est occupée par l'armée russe lorsqu'un jeune médecin arrive pour délivrer soins et médicaments, en Tchétchénie, mais également dans la province voisine, l'Ingouchie, qui accueille les réfugiés. Avec son chauffeur, ils vont apporter ce qu'ils peuvent pour soulager le corps et l'âme des Tchétchènes qu'ils rencontrent et qui se livrent à eux. Mais cette aide est bien dérisoire face à l'horreur d'une guerre sans fin.

Cette bande-dessinée est à cheval entre la fiction et le documentaire. Si elle s'appuie sur des faits historiques, les personnages, eux, ont été imaginés. Mais elle s'inspire tant de la réalité que cette frontière est bien fragile. Le réalisme de l'histoire, les rencontres, les situations nous plongent dans le chaos humanitaire que connaît la région. Les dessins noir et blanc ne plairont pas à tout le monde au premier coup d'œil, mais rapidement ils s'imposent à l'histoire et viennent appuyer l'émotion qui se dégage de cette œuvre de mémoire. Certaines planches sont dures et collent parfaitement à une réalité effroyable. Une bande dessinée qui aide à la compréhension d'une situation complexe et nous rapportent des situations émouvantes et dignes pour ne pas oublier... Les auteurs travailleraient sur un autre tome des "Chroniques du proche étranger", mais sur un autre du Caucase.

Par Laurent
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