metamorphosesVoici un roman que l’on peut présenter comme étant parfaitement ancré dans son temps... L’actualité me l’a encore rappelé ce matin.


Alix, jeune femme impulsive, restauratrice, est prête à tout pour son « demi ». Un demi-frère, Alban qu’elle suit, qu’elle étouffe parfois, mais qu’elle aime par-dessus tout seul, membre de sa famille qu'elle reconnait. Elle croit le connaître par cœur, l’avoir cerné, pouvoir anticiper chacune de ses réactions. Mais c’était avant. Avant qu’elle n’apprenne que celui-ci n’est plus Alban, mais est devenu Abdelkrim Yousef. Lui, doctorant en Chimie, enfant de parents gérant une agence de voyages,  issu d’une famille bourgeoise française, se serait converti. Pire il tomberait dans un obscurantisme religieux, parmi les plus radicaux.


Tout cela Alix ne peut pas le croire. Pas son demi… Lui qui a peur de tout, fragile et cherchant parfois le danger, ne peut pas être à l'origine de cette conversion. Elle veut donc savoir. Il faut d’abord le retrouver, se rapprocher sans l’effrayer et comprendre d’où viennent ses rumeurs. Savoir ensuite comment est-ce possible. Alix va tout chambouler. Sa vie d’abord, celles de sa mère et de son beau-père, les cercles qui gravitent autour d’Alban quitte à le mettre en danger. Il s’agit de lutter contre un obscurantisme qui envahit Alban et le transforme petit à petit en Abdelkrim. Il ne peut être qu’un pion manipulé. Mais à chaque rencontre le fossé entre les deux mondes se creuse de plus en plus. Occident et Orient, Chrétienté et Islam, individualisme et communautarisme… Alix ne veut pas laisser faire et est prête à briser toutes les barrières dressées devant elle par les islamistes, ou la DCRI. Elle est persuadée qu’il ne peut s’agir que d’un simple égarement. Pourtant...


François Vallejo met tout son talent au service d’un roman ancré dans son temps. Un style propre qui nous glisse dans une spirale infernale vers l’extrémisme. Si dans un premier temps ce roman m’a laissé perplexe, j’ai rapidement été emprisonné par l’œuvre. D’abord agacé par certains clichés sur l’Islam, par l’attitude excessive d’Alix ou par celle d’Alban, j’ai rapidement compris qu’en réalité j’étais parfaitement entré dans ce roman puissant. Peut être pas mon préféré de Vallejo, mais l’un des plus dérangeants, berceau de mille interrogations et aux retentissements dans l’actualité. N'est-ce pas là l'un des fondements de la littérature ?

 

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