le-sel-de-jean-baptiste-del-amo-gallimard.jpgD'abord il y a Louise, la mère, veuve qui a subi toute sa vie la dureté d’un mari ; puis Armand, le père, pêcheur endurci et violent, avare de paroles mais pas de boissons ; et Jonas, le benjamin, rejeté par son père et son frère pour sa sexualité ; Albin, le véritable successeur de son père aux certitudes haineuses ; enfin Fanny, la sœur et mère qui ne parvient pas à faire le deuil de Léa sa fille. Voici ce que l’on appelle une famille. Une famille où les non-dits, les rancœurs et la violence ont leur place à table le dimanche. Justement, tous doivent se retrouver pour un diner autour de leur mère qui semble tenir le coup depuis la mort de son mari. La perspective de la soirée fait remonter les souvenirs tour à tour recrachés par les membres de cette famille... L'histoire se passe à Sètes, mais elle pourrait être ailleurs, chez "Ces gens-là, monsieur..."

 

Jean-Baptiste Del Amo après « une éducation libertine », roman sur fond de libertinage réveillant les sens, revient avec ce deuxième roman sur un sujet très souvent visité par les écrivains, mais re-visité ici à merveille. La construction du roman est parfaite et habile, entre souvenirs et présent, sans jamais nous perdre, et la complexité des personnages conduit dans le labyrinthe familial, chaque élément transportant ses failles. Le réalisme des personnages en est effrayant... Seul bémol à mon goût, les scènes de sexe décrites avec crudité viennent parfois (mais pas toujours) trancher dans l’écriture soutenue de l’ensemble, peut être par provocation. Mais c’est là le style de l’auteur, une marque déjà apparue dans son premier roman qui pouvait donner d’impression d’un double niveau d’écriture. L’ensemble est cependant remarquable et mérite que l’on s’y perde un peu ! Un des grands romans de la Rentrée sur la famille, la figure du père, la mort, l'immigration et nos félures !

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