A 17 ans, Laura décide de quitter le lycée dans sa dernière année, pour partir en Allemagne comme jeune fille au pair. Prête à perdre pied dans sa vie, elle choisit l’exil sans savoir où cela la conduira. La perte d’un proche, un environnement familial confus, un avenir incertain, autant de raisons de voir dans ce départ la nécessité absolue de respirer.

Arrivée dans sa nouvelle famille elle découvre la difficulté de se sentir étrangère, bloquée par la langue et de partager le quotidien avec des inconnus. Les Bergen font cependant tout pour la mettre à l’aise, l’intégrer à leur vie au risque, cette fois encore, de l’étouffer.

Brigitte Giraud offre dans ce roman huis clos, une merveilleuse réflexion terriblement juste sur des thèmes aussi forts que la barrière de la langue, la difficulté de pénétrer une autre culture, de partager l'intime avec des étrangers et les méfaits du passé. L’Allemand que Laura tente d’apprivoiser la tient à distance, l’oblige à des pensées simples et simplistes, la protégeant dans un premier temps avant de l’enfermer sournoisement. La jeune adolescente découvre également une culture différente de la sienne malgré des frontières communes. Un peuple proche dont elle découvre les subtilités. Laura, entre enfance et adulte, pense pouvoir conserver une intimité, mais la promiscuité et les tâches pour lesquelles elle a été embauchée, l’obligent à partager, à se mêler de ce qui ne devrait pas la regarder. Enfin, devenant adulte, elle apprend que l’on n’échappe pas à son passé et que malgré les différences culturelles, les familles se ressemblent toute un peu dans leur complexité et leurs héritages. Rien ne sert de fuir son histoire, il faut apprendre à vivre avec.

Un roman magnifique au rythme lent et sans vague, où l’on partage l’expérience et les pensées d’une adolescente, en mal de construction, sans jamais s’ennuyer. Une année étrangère qui permettra à Laura de grandir. Une oeuvre remarquable.

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