Impossible pour moi de passer à côté d'un roman de Percival Everett sans me jeter dessus. Alors quand j'ai découvert cette quatrième publication en France dans les mains d'une personne d'un certain âge dans la librairie, il s'en est fallu de peu pour que j'emballe le tout... Heureusement une pile complète était disposée sur une table non loin et j'ai pu laisser partir cette innocente victime !


Après les deux excellents romans, Désert américain (un homme qui ressuscite le jour de son enterrement) et Blessés (un cowboy noir qui héberge un ami homosexuel au Texas... il y en a qui cherchent vous avouerez), je me suis jeté dans Glyphe avec entrain. Mais...


Ralph est un bébé de quelques mois. Après avoir craint un retard dans le développement de leur enfant, Bouffi et Ma, comme il appelle ses parents, sont effrayés par ses capacités. Une intelligence hors norme puisque Ralph est doué de raison, cultive son intelligence en dévorant des livres d'histoire, de philosophie ou de science et surtout, communique ses conclusions par écrit. Et tout cela à moins d'un an.


Ce surdoué inquiète ou fascine tellement qu'il sera kidnappé successivement par une psychologue prête à lui découper le cerveau en tranches, une « femme à singes » tout aussi ambitieuse, l'armée américaine intéressée par cette potentielle arme, ou encore par un prêtre souhaitant le libérer du démon... De mains en mains, le bébé apprend.


Percival Everett utilise une nouvelle fois le roman comme arme critique contre nos sociétés. On y retrouve tous les thèmes abordés dans « Désert Américain » : armée, religion, savants fous. Deux histoires au fond très proches et c'est dommage. Les passages philosophiques, sémantiques et scientifiques agrémentés d'une multitude de notes de bas de page, m'ont lassé et s'ils viennent appuyer l'extrême intelligence de Ralph, tout en prenant de haut l'érudition, elles perdront bon nombre de lecteurs qui finiront par sauter ces passages. Il n'en reste pas moins que c'est un Everett, que l'humour et les répliques cinglantes ne manquent pas et que les passages avec Roland Barthes, représentation du Français, un mélange de Descartes pour la logique impitoyable et de Rocard pour le discours incompréhensible m'ont fait beaucoup rire !


Bref, un bon roman, à ne pas prendre au premier degré, qui se moque pour mon bonheur, mais dont la forme ne convaincra pas tout le monde et surtout qui ne valait pas le peine que j'effraie cette pauvre dame...

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