La préface d'Anne Nivat, grand reporter qui a couvert plusieurs fois le conflit en Tchétchénie, donne le ton. « Nous n'avons plus d'images de Tchétchénie » et comme elle le déclara sur CNN : « No CNN, no war » (pas de CNN, pas de guerre). Tamada (scénariste) et Rash (co-scénariste et dessinateur) nous guident dans cette région en plein chaos, en juillet 2000. La région est occupée par l'armée russe lorsqu'un jeune médecin arrive pour délivrer soins et médicaments, en Tchétchénie, mais également dans la province voisine, l'Ingouchie, qui accueille les réfugiés. Avec son chauffeur, ils vont apporter ce qu'ils peuvent pour soulager le corps et l'âme des Tchétchènes qu'ils rencontrent et qui se livrent à eux. Mais cette aide est bien dérisoire face à l'horreur d'une guerre sans fin.

Cette bande-dessinée est à cheval entre la fiction et le documentaire. Si elle s'appuie sur des faits historiques, les personnages, eux, ont été imaginés. Mais elle s'inspire tant de la réalité que cette frontière est bien fragile. Le réalisme de l'histoire, les rencontres, les situations nous plongent dans le chaos humanitaire que connaît la région. Les dessins noir et blanc ne plairont pas à tout le monde au premier coup d'œil, mais rapidement ils s'imposent à l'histoire et viennent appuyer l'émotion qui se dégage de cette œuvre de mémoire. Certaines planches sont dures et collent parfaitement à une réalité effroyable. Une bande dessinée qui aide à la compréhension d'une situation complexe et nous rapportent des situations émouvantes et dignes pour ne pas oublier... Les auteurs travailleraient sur un autre tome des "Chroniques du proche étranger", mais sur un autre du Caucase.

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