« Bêtes sans patrie » est le récit de Agu, enfant pris en pleine guerre civile en Afrique. La guerre s’est rapprochée du village de son enfance où il vivait heureux avec ses parents. Rapidement obligé de fuir et d’abandonner ce village, il voit sa mère et sa soeur partir dans les camions de l’ONU qui ne peuvent évacuer tout le monde. Dans sa fuite, il perd ensuite son père et sa vie bascule dans l’horreur comme la guerre peut en générer. Pris dans une milice, s’enchaînent alors les massacres, les vols, les viols... Agu est devenu enfant-soldat.

 

Avec pudeur et justesse, Iweala Uzodinma évoque la vie brisée de cet enfant prisonnier de l’horreur avec pour seule échappatoire ses souvenirs qu'il nous livre. Avec un style enfantin pas toujours facile à lire (il faut un petit temps d’adaptation) mais qui nous glisse davantage dans le récit d’un enfant, l’auteur joue juste. Le décalage entre les mots et la gravité des actes, rajoute encore un peu plus à l’effroi. Il nous place dans la situation délicate du juge qui ne peut condamner des actes commis par un enfant, car l’innocence est son meilleur avocat. Ce premier roman, parfaitement traduit par Alain Mabanckou et écrit en 2005 alors que Uzodinma (américain d’origine nigériane) n’avait que 23 ans est particulièrement dur mais joue merveilleusement son rôle, celui de nous faire prendre un peu plus conscience de ce qu'est l'horreur de la guerre et de quoi l'Homme est capable...

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