Il me tardait de commencer ce premier roman de Pierric Bailly tant les critiques sont unanimes : "un très bon premier roman", "original", "fantasmagorique", "qui a réussi à retranscrire un parler jeune dans une écriture de haut niveau, là où bien d'autres ont échoué", "vous allez être étonné"...
C'est donc d'abord par curiosité que j'ai ouvert ce livre. Et une fois refermé une seule certitude : ce livre ne va pas plaire à tout le monde ! Mais pour ceux qui vont réussir à se laisser porter par l'écriture saccadée de l'auteur, je leur garantis un vrai plaisir de lecture.

"Polichinelle" c'est le récit d'une bande de six, le « gang des tagazous » et de leur été, passé chez eux dans le Jura, le « trois-neuf ». Le narrateur, Lionel, « p'tit lion », est à l'université, mais traîne avec les cinq autres qui eux sont encore lycéens. Il y a sa soeur Diane, Charlotte, Laura, Johannes et Jules et chacun possède ses « complications » : des jambes yo-yo, un gros nez, des yeux baveux, un épaule trouée et un ventre en cul. Une fois rassemblés, ils ne sont qu'un... Mais comme bon nombre de jeunes des campagnes françaises, l'ennui les guette. Un ennui qui engendre la violence et les pousse à aller chaque fois un peu plus loin...

Les premières pages m'ont laissé perplexe, mais rapidement je me suis laissé entraîner dans le tourbillon de l'écriture. Une écriture haletante et forte qui colle parfaitement à l'histoire. Les clins d'oeil aux textes de Brel – peut être à d'autres auteurs, mais elles m'ont alors échappé – sont habiles et de nombreux passages sont à lire à voix haute. Voilà donc un roman qui ne fera pas l'unanimité mais une fois les barrières franchies, c'est un vrai bonheur de suivre en foulée des personnages auxquels on s'attache forcément... Revers de la médaille de ce monde surnaturel et à clefs, j'avoue que certains passages m'ont échappé. Cela mériterait une seconde lecture... Vous voilà prévenu et vivement le prochain !

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