Difficile d'évoquer ce nouveau roman de Laurent Gaudé ("La mort du Roi Tsongor", "Le soleil des Scorta" ou encore "Eldorado" – dans l'ordre de préférence), sans trop en dévoiler. Il faut débuter chacun de ses romans vierge de toute critique – y compris celle-ci bien entendu ;-) - et se laisser uniquement porter par les mots. Le plaisir de la lecture n'en est que décuplé. Pour les plus résistants, arrêtez-vous à cette phrase et jetez-vous dans ce roman... Pour les plus curieux, c'est par ici...

Ce matin de juin 1980, Matteo doit à contre coeur suppléer Giuliana sa femme et conduire leur fils, Filippo, à l'école à travers les rues bondées de Naples. Chauffeur de taxi, il n'a qu'une hâte, celle de sentir le parfum de son café au bar le plus proche. Mais une fusillade en pleine rue vient perturber ses pensées et Matteo n'a que le temps de protéger son fils. Filippo pourtant ne se relèvera pas...

De cette vie brisée, Laurent Gaudé une nouvelle fois dessine un conte splendide, à la limite du fantastique. Un conte où la mort et le destin deviennent des personnages que l'on défie, le deuil un guide et le désespoir un chemin vers la folie. Un voyage loin de tout sentimentalisme et qui dresse la mémoire et le souvenir contre l'oubli. Une vision qui manque peut être par certains côtés d'originalité et de profondeur – les ombres, les portes, le labyrinthe, ... - mais qui passe à merveille pour les amoureux des contes. Que l'on aime ou pas le style Gaudé, il est difficile de s'attaquer à ses histoires, différentes à chaque fois. Car « La porte des Enfers » est la preuve, s'il en fallait une nouvelle, que Laurent Gaudé est un formidable faiseur et raconteur d'histoires dont je ne me lasse décidément pas. Dans mon coeur de lecteur, « La porte des Enfers » n'est pas très loin de « La mort du roi Tsongor » et très proche de ma catégorie phare...

Les avis de Gambadou, Papillon, Amanda, Bellesahi, ...

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