Je déclare officiellement cette troisième rentrée littéraire, sous le Cerisier, ouverte ;-). Et quoi de plus exotique et motivant que de débuter par un roman serbo-croate qui revient sur le traumatisme d'une guerre déjà oubliée...

Ne cherchez pas vous ne trouverez pas plus adapté ;-) J'admets avoir commencé ce roman avec quelques appréhensions... J'admets... Mais en quelques pages Dubravka Ugresic (je ne me lasse pas de ce nom) a réussi à pulvériser mes craintes.

Le récit débute avec l'arrivée de Tania Lusic à Amsterdam sur recommandation d'une amie pour y enseigner le serbo-croate à l'université. Mais la guerre est passée par là avec ses fractures et le cours dont la raison d'être se pose désormais, va réunir surtout des étudiants déchirés, à la recherche d'une identité et de papiers. Certains tentent de se reconstruire dans leur pays d'accueil tandis que d'autres n'y voient qu'une étape de leur survie. Tania, toute aussi perdue que certains de ses étudiants, fait le choix de raviver leur mémoire, dressant la « Yougonostalgie », et de faire renaître un passé que l'on voudrait leur faire oublier puisqu'ils ont tout perdu. Mais la réalité de la guerre, même lorsqu'on l'a fuie, finit toujours par rattraper les concernés.

Dubravka Ugresic signe là un très beau roman sur les conséquences du conflit yougoslave et de la déchirure qu'il a causé au sein de ces peuples. Elle livre sa vision de l'exil, du mécanisme de la douleur, du traumatisme, de la solitude, du retour et même de la littérature yougoslave ! Un vrai bon roman - malgré quelques longueurs - qui traite d'un thème trop rarement évoqué et permet de ne pas oublier qu'il y a toujours un après...
 

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