De tous les livres d’Erik Orsenna que j’ai lus, voici sans aucun doute le plus personnel d'entre eux. Celui qui livre une bonne partie des clefs.
Partant de la relation avec son frère cadet, celui qui a trouvé l'amour unique, Orsenna nous conduit dans sa vie comme dans ses voyages. Naviguant dans des eaux souvent incertaines de l'amour, il s’arrête sur quelques îlots pour souffler et nous parle de ses rencontres : sa famille, ses amis et surtout, une femme qu’il a tant aimée. Un "Soleil" qu'il va pleurer au bout de quatre ans. L’Académicien sans âge se livre alors à nous, libére ses fantômes et partage ses peines, cherchant son avenir.


Rapidement, comme à son habitude, Orsenna nous porte et l’on s’attache. On s’attache à un homme blessé qui, pour la plus grande part de sa vie, aura cherché. Une quête qui explique ses voyages, ses interrogations, son engagement. Si je préfère le Orsenna raconteur d’histoires ou partageant ses voyages avec nous autour d'un bon verre, ce récit n’en est pas moins émouvant et apporte beaucoup sur un écrivain qui ne cesse de m’étonner par la diversité de son œuvre. Impossible pour lui de faire carrière ou de s'installer dans une catégorie littéraire. Un style à part, (trop?) léger, qui crée une intimité avec l'auteur. Le sentiment de parler à un ami qui conduit la conversation et de parenthèses en parenthèses arrive à son but.

Seulement, avec ce récit j'ai eu l'impression de marcher à la frontière de l'impudeur, comme avec nombre d'ouvrages de cette veine. Une intimité dévoilée à tous qui me jette dans le camp des voyeurs et m'installe dans un sentiment de malaise. Heureusement, Orsenna est habile et contrairement à ma première impression, sa force est finalement de rester à la frontière de la pudeur - ou du moins à nous le faire croire - en apportant sa pierre à l’édifice.

Si ce n’est pas le livre d’Orsenna que je préfère, j’y ai malgré tout été touché par l’humanité et les réflexions d’un homme frappé par la vie et qui se cherche un avenir. Un beau témoignage sur l'amour sous toutes ses formes.

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