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"J’écoute avec mon corps"
est un recueil de deux nouvelles écrites par celui qui est présenté comme l’écrivain israélien le plus doué de sa génération. Avec un titre pareil, une couverture aussi sensuelle et des
références aussi impressionnantes, il me tardait de commencer ce livre...
La première histoire qui reprend le titre du recueil, est le récit de la visite que fait une jeune écrivain à sa mère affaiblie par une maladie qui la ronge et la rapproche chaque minute un peu
plus de la mort. Accompagnée de son dernier manuscrit, la jeune fille choisit de le lui lire. Elle trouve là l'occasion de parler, de se mettre à nue face à une mère contre laquelle les
rancoeurs et les incompréhensions se sont accumulées au fil des années. Ce qui est raconté alors c'est un épisode traumatisant pour la jeune fille, où la mère alors professeur de yoga a
accompagné un jeune adolescent dans sa révélation. Un épisode qu’elle a vécu comme une trahison et une déchirure. Ce huis clos permettra à chacune d’accepter l’autre... La maladie de la mère,
l’homosexualité de la fille.
La seconde histoire, « Délire », autre huis clos étouffant, voit un homme se confier à sa belle-sœur le temps d’un trajet en voiture. Il avoue alors sa passion et sa jalousie envers une
femme qu’il soupçonne d’avoir un amant et qu’il veut surprendre. Mais le lecteur est rapidement envahi par le doute et ne sait plus qui trompe qui...
Voilà deux histoires que David Grossman a voulu oppressantes et chargées. Il nous livre sa vision des rapports qui peuvent s’installer entre deux êtres, autour de la passion et de l’amour. Il
joue avec les mots, il décrit la sensualité des corps et nous mène avec lui dans l’exploration des sentiments humains les plus profonds.
Seulement, au final c’est un style exigeant qui nous est imposé. Un style exigeant - c'est mon côté diplomate... - qui plaira peut être à certains, amoureux du genre ou passionné de yoga, mais
qui pour ma part ne m’a laissé qu’une impression de lenteur et d’enlisement. Incapable de rentrer dans ces deux histoires que j'aurai eu du mal à comprendre sans la quatrième de couverture, j’ai
véritablement peiné à les terminer... Mais rassurez-vous, je ne désarme pas et me plonge aussitôt dans un nouveau titre de la littérature israélienne !
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