Ghosh.jpgLe pays des marées n’est autre que l’archipel des Sundarbans, en Inde, à la frontière du Bengladesh, dans le delta du Bengale. Ce pays, entre terre et mer où les fleuves imposent leur loi et où le tigre terrorise encore des populations démunies, est le décor de la rencontre de trois personnages aussi différents que proches : Kanai homme d’affaires de Calcutta, traducteur de profession qui revient sur l’île imaginaire de Lusibari pour découvrir un carnet de notes que son oncle lui a légué ; Piya, la jeune et jolie chercheuse venue observer les orcelles ou dauphins de l’Irrawaddy (et je vous épargne le nom scientifique) ; et Fokir, pêcheur illettré pour qui le fleuve est sa demeure. Et le pays des marées pourrait être le quatrième personnage de ce long roman  (il totalise tout de même près de 500 pages) tant l’auteur a soigné ses descriptions et a su magnifier l’esprit du lieu.
Chacun des personnages trouvera dans l'humilité imposée par la mangrove et la force des éléments, le moyen de se construire un peu plus. Un voyage qui les renforcera ou les détruira, mais qui ne les laissera pas indemne.
Amitav Ghosh, installé à New York et « fils spirituel de Salman Rushdie », pour son sixième roman nous guide avec des mots justes et place, face à face des mondes qui se regardent. Coincé entre l’Inde de la ville et celle du fond des marais, entre richesses et pauvretés, entre castes basses et élevées, entre traditions et modernités, j’ai pris un vrai plaisir à suivre ces personnages travaillés, loin de tout manichéisme, et à découvrir ce pays de légendes. Ghosh a étudié avec soin les lieux et les thèmes abordés grâce à de nombreuses rencontres personnelles (cétologue, directeur d'école, administrateur, ...). Il a ainsi fait naître un roman aux saveurs envoûtantes. Certains pourront reprocher quelques longueurs, mais au final, c’est une très belle histoire qu’il nous offre.
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